Commençons par quelques renseignements de base :

En 2014, le Congrès du travail du Canada et ses associés de recherche à l’Université Western ont publié les résultats de la toute première enquête pancanadienne au sujet des effets de la violence conjugale (VC) sur les travailleuses et les travailleurs et sur le milieu de travail.

Ces résultats étaient clairs. La violence conjugale a un effet considérable sur les milieux de travail et sur les travailleuses et les travailleurs, mettant en péril des emplois et la sécurité au travail.

Nous avons appris qu’au Canada, une travailleuse ou un travailleur sur trois a déjà fait l’objet de violence conjugale.

Plus de la moitié des personnes en question - 54 % - nous ont indiqué qu’elles avaient fait l’objet de violence dans leur lieu de travail ou à proximité de celui‑ci. Quatre-vingt-deux pour cent ont indiqué que cela avait nuit à leur rendement au travail et 37 % ont indiqué que cela avait nuit à leurs collègues de travail aussi. Près de 40 % ont indiqué que la VC avait nuit à leur capacité d’aller travailler et 8,5 % ont indiqué qu’ils avaient perdu leur emploi à cause de la violence dont ils faisaient l’objet à la maison.

Cela pose un problème en milieu de travail

Les syndicats du Canada se vouent à voir à ce que le travail se déroule dans un milieu sécuritaire, sain et positif.

Ils s’emploient notamment à contrer la violence conjugale quand elle se manifeste en milieu de travail. Ils y voient en montrant aux membres de syndicats et aux représentantes et représentants syndicaux à reconnaître la violence conjugale et à y répondre en aidant à la fois les personnes qui en font l’objet et celles qui y recourent.

Le fait de pouvoir parler de la violence conjugale avec des travailleuses et travailleurs dans un milieu sécuritaire et positif aide à l’apprentissage et accroît la capacité d’agir.

C’est dans cette optique que nous avons établi ce guide afin d’aider les membres de syndicats et les représentantes et représentants syndicaux à préparer et à tenir une discussion sur le sujet, à l’occasion du lancement du documentaire Un homme meilleur.

Un homme meilleur

La diffusion et l’examen approfondi du documentaire Un homme meilleur par TVOntario (TVO) donne aux syndicats l’occasion d’engager avec les travailleuses et les travailleurs une discussion au sujet de la violence conjugale et fondée sur le sexe ainsi que du rôle que les syndicats peuvent jouer pour aider les personnes qui font l’objet de cette violence et celles qui y recourent et de militer en faveur d’un changement.

Jusqu’à présent, l’action du mouvement syndical dans le dossier de la violence conjugale a consisté principalement à appuyer les personnes qui font l’objet de la violence (la plupart desquelles sont des femmes et des personnes transgenres) ou les personnes dont la sécurité peut être menacée par la continuation de la violence conjugale.

Le documentaire Un homme meilleur donne aux syndicats un moyen d’aborder un autre élément critique du problème de la violence conjugale : la réadaptation des personnes qui recourent à la violence (la plupart desquelles sont des hommes) et la prévention de toute nouvelle violence.
 

Faire visionner Un homme meilleur dans votre lieu de travail ou votre syndicat

Les coréalisateurs du documentaire ont établi un excellent guide de visionnement communautaire (en anglais seulement) aux fins de visionnements publics du film et de discussions publiques sur celui-ci et son sujet. Veuillez vous reporter aux conseils que comprend ce guide pour planifier et préparer votre propre visionnement.

Ce qui suit est un guide à l’intention des syndicats souhaitant organiser un visionnement d’Un homme meilleur afin d’engager une discussion sur la violence conjugale et les mesures que les syndicats peuvent prendre pour la contrer en milieu de travail.

  1. Préparation
  2. Mise en train
  3. Faire visionner le documentaire
  4. Engager la discussion
  5. Encourager l’action
  6. Que peuvent faire les syndicats?
  7. Clore la discussion
     

Préparation

Les discussions sur la violence conjugale peuvent être pénibles et déclenchantes pour certaines personnes. Il importe que les personnes qui participent à la discussion se traitent les unes les autres avec soin et compassion, vu que nos opinions au sujet de la violence entre partenaires intimes peuvent être enracinées dans notre propre expérience.

Trouvez un lieu calme et tranquille où visionner le documentaire et ensuite tenir votre discussion. Les participantes et les participants devraient pouvoir écouter et réfléchir à ce qu’ils entendent sans craindre que d’autres personnes surprennent la conversation.

Assurez-vous qu’il y ait un espace où les gens peuvent s’asseoir à l’écart du groupe, au besoin pour rassembler leurs esprits ou aller prendre une marche. Les gens ne devraient pas se sentir emprisonnés.

Soyez prêts à aider toute personne qui a besoin de soutien. Votre équipe pourrait comprendre une ou plusieurs personnes pouvant avoir des conversations privées avec des participantes ou participants pendant ou après la discussion. Tendez la main à quiconque doit se retirer pendant le visionnement ou la discussion. Dressez une liste de services de soutien et de ressources locaux que les gens pourront rapporter chez eux.

Avant le début officiel de la rencontre, exprimez quelques remarques préliminaires au sujet du film et des enjeux et demandez au groupe de lancer rapidement des idées au sujet de règles de base du visionnement et de la discussion. Ces règles pourraient comprendre les suivantes :

  • Ce qui se dit dans la salle ne doit pas en sortir;
  • L’expression et le partage doivent être volontaires;
  • La priorité doit être donnée aux réponses des femmes et des personnes transgenres;
  • Il faut employer des termes non sexospécifiques et des termes tels que « personnes qui font l’objet de la violence » et « personnes qui y recourent » plutôt que « victimes » et « agresseurs »;
  • Il n’y a rien de mal à se retirer de la discussion ou à quitter la pièce;
  • etc.

Mise en train

Avant de présenter le documentaire et d’appuyer sur la touche de lecture, le fait de procéder à une mise en train aidera les participantes et les participants à se mettre à l’aise dans l’espace de discussion et à l’égard des sujets et les uns des autres.

Demandez-leur d’indiquer la mesure dans laquelle il se sentent à l’aise, individuellement ou collectivement, de traiter des sujets suivants, peut-être en leur attribuant une cote de 1 à 5 :

  • la violence conjugale;
  • la violence faite aux femmes;
  • la violence des hommes à l’égard des femmes;
  • la violence à l’égard des personnes transgenres.

Demandez aux personnes en question ce dont elles ont besoin pour participer à la discussion à venir. Les idées peuvent comprendre les suivantes :

  • s’asseoir à côté d’une personne en laquelle elles ont confiance;
  • pouvoir écouter sans parler;
  • pouvoir quitter la pièce;
  • pouvoir partager ses pensées intimes avec une autre personne sur papier;
  • pouvoir parler à quelqu’un après la discussion, soit immédiatement après, soit plus tard.

Afin de poser le cadre de la discussion, mettez en contexte ce que les participantes et les participants vont vivre :

  • Dites-leur sur quoi porte le documentaire – le dossier de presse du film comprend un synopsis court et un synopsis long;
  • Ensuite, indiquez-leur pourquoi ils vont le visionner.

« Le film Un homme meilleur nous donne l’occasion d’examiner ce que les syndicats peuvent faire pour contrer la violence conjugale au travail. Jusqu’à présent, l’action du mouvement syndical dans le dossier de la violence conjugale a consisté principalement à appuyer les personnes qui font l’objet de la violence et les personnes dont la sécurité peut être menacée par la continuation de la violence conjugale. »

(Distribuez la description de l’initiative du CTC sur la violence conjugale au travail)

« Comment les syndicats peuvent-ils aider les personnes qui font l’objet de la violence? Que fait votre syndicat? »

« Comment les syndicats peuvent-ils aider les personnes qui recourent à la violence? Que fait votre syndicat »

Faire visionner le documentaire

La diffusion en ondes et en ligne d’Un homme meilleur par TVOntario rend possible de faire visionner le documentaire à une assemblée entière ou que les gens le visionnent individuellement sur leurs propres dispositifs.

Quelle que soit la façon dont vous voulez que les gens visionnent le film, l’accès à une connexion fiable à l’Internet, avec ou sans fil, sera un facteur crucial du succès de votre événement si vous compter faire visionner la diffusion en ligne. Vous voudrez en outre vous assurer d’avance que le matériel dont vous disposez – ordinateur portatif, tablettes, haut-parleurs, téléviseur, projecteurs – soit en bon état de marche.

Une fois le visionnement terminé, il y a lieu d’accorder une courte pause (de 10 à 15 minutes) pour que les gens puissent assimiler le contenu, se ressaisir ou satisfaire à des besoins personnels.

Engager la discussion

Même après la pause, il importera de reconnaître le caractère difficile de ce que les participantes et les participants viennent de vivre. Vous devriez en outre revoir rapidement les règles de base établies plus tôt.

En dirigeant la discussion, l’animatrice ou l’animateur devra voir à ce que le groupe ne s’éloigne pas du sujet et s’achemine dans la bonne direction. En général, la discussion devrait amener les membres du groupe à déterminer l’application des questions dont traite le film dans le contexte de leur propre vie, à réfléchir aux changements qui doivent être apportés et à prendre des mesures pour que ces changements se produisent.

Voici quelques questions qui devraient engager la discussion:

  • Pourquoi ce documentaire est-il important?
  • Qu’avez-vous appris en le visionnant?
  • Votre communauté, votre milieu de travail ou votre syndicat comprend-il une personne ou un groupe auquel il serait utile de visionner ce documentaire?
  • Y a-t-il d’autres questions auxquelles vous voudriez que Steve réponde?
  • Si vous pouviez transmettre un unique message à Steve ou à Attiya, quel serait-il?
  • Après avoir visionné ce documentaire, voyez-vous d’autres façons dont les syndicats peuvent aider les personnes qui font l’objet de violence?
  • Voyez-vous d’autres façons dont les syndicats peuvent aider les personnes qui recourent à la violence?
  • Comment les syndicats peuvent-ils inciter les hommes à prendre des mesures pour éliminer la violence fondée sur le sexe?
  • Que pouvons-nous demander à nos gouvernements et à nos communautés de faire?

Encourager l’action

Après la discussion, indiquez au groupe des moyens de mettre en œuvre les connaissances qu’il vient d’acquérir. Voici quelques suggestions :

  • Élargissez notre conversation. Partagez votre réaction à Un homme meilleur et vos idées au sujet de la lutte contre la violence conjugale sur les médias sociaux en incorporant à vos billets les mots-clics #16Days et #DVatWork (en anglais seulement) et le pseudonyme @abettermanfilm (en anglais seulement)!
  • Si vous êtes un homme, rassemblez-vous avec d’autres hommes pour visionner le documentaire. Utilisez le présent guide de discussion, le guide de discussion (en anglais seulement) A Better Man ou le guide de visionnement pour groupe d'hommes (en anglais seulement) A Better Man pour mieux vivre l’expérience ensemble.
  • Dressez une liste des services et programmes de soutien disponibles dans votre communauté.
  • Engagez une conversation au sein de votre syndicat.
  • Participez à une vigile du 6 décembre dans votre communauté.
  • Transmettez un message à vos représentantes ou représentants élus fédéraux et provinciaux ou territoriaux pour leur demander d’appuyer les amendements à la législation portant par exemple sur les congés payés pour violence conjugale.

Rompez le silence. Si vous avez des craintes au sujet d’une personne, ayez une conversation bienveillante avec elle. Écoutez-la sans la juger et ouvrez-lui la porte à des soutiens. Voici quelques conseils qui peuvent vous être utiles.
 

Que peuvent faire les syndicats?

Il y a bien des mesures que les syndicats peuvent prendre pour engager et poursuivre une discussion au sujet de l’élimination de la violence conjugale au travail. Ils peuvent notamment :

  • Tenir une séance d’information sur la violence conjugale au travail à l’intention de leurs membres;
  • Négocier avec les employeurs des congés payés et d’autres soutiens du milieu de travail;
  • Former les déléguées et délégués syndicaux et d’autres représentantes et représentants syndicaux pour qu’ils puissent reconnaître la violence conjugale au travail et y répondre;
  • Demeurer prêts à aider les travailleuses et les travailleurs en tenant une liste de ressources communautaires;
  • Établir des relations avec des refuges locaux, des fournisseurs de services locaux et des organisations locales militant en faveur de l’élimination de la violence fondée sur le sexe;
  • Organiser ou appuyer des événements marquant le 6 décembre ou s’inscrivant dans le cadre de la campagne « 16 jours d’activisme contre la violence ».
     

Clore la discussion

Certaines personnes attendront peut-être la fin de votre événement pour demander de l’aide. Au cours de la récapitulation, assurez-vous de rappeler que les gens peuvent consulter la liste de ressources communautaires que vous avez distribuée, s’il y a lieu, et indiquez avec qui ils peuvent communiquer et comment.

Un homme meilleur met l’accent sur un problème social profondément enraciné qui ne pourra pas être réglé du jour au lendemain. Mettez fin à l’événement en encourageant les membres du groupe à continuer de réfléchir aux mesures qui peuvent être prises et aux changements qui peuvent être apportés dans leurs lieux de travail, leur syndicat et leur communauté, et d’en parler.