Jeudi, 23 avril 2015

Le Congrès du travail du Canada affirme que le budget fédéral ne contient pas les mesures de relance économique dont les Canadiens et les Canadiennes avaient besoin pour être plus optimistes quant à leur avenir.

« Comme prévu, il s'agit d'un budget préélectoral, saupoudré de petits cadeaux visant à faire taire les critiques et à acheter des votes dans certaines circonscriptions, a déclaré Hassan Yussuff, président du CTC. Il ne prévoit pas la mise en place de mesures de relance économique dont les Canadiens et les Canadiennes ont besoin pour être plus optimistes quant à leur avenir », a-t-il ajouté.

M. Yussuff a indiqué que le budget ne prévoit pas la création d'emplois de qualité à temps plein dont les Canadiens et les Canadiennes ont besoin, d'autant plus que près des trois quarts de tous les emplois créés au cours des six dernières années sont des emplois précaires – à temps partiel, temporaires ou autonomes.

« Nous avions besoin davantage d'investissements directs afin d'accroître les infrastructures municipales, provinciales et fédérales, ce qui aurait stimulé les investissements et la création d'emplois dans le secteur privé », a dit M. Yussuff.

« Nous voulions aussi que le gouvernement rétablisse l’appareil fédéral en ramenant les emplois qui ont fourni des services dont la population dépend. Par exemple, l'embauche de 200 nouveaux travailleurs à Anciens Combattants Canada ne peut pas remplacer la perte de 950 emplois et la fermeture de neuf bureaux qui offraient des services en personne. »

Le budget n'a pas prévu l'annulation des décisions qui élimineront 35 000 emplois au gouvernement fédéral ou de celle qui mettra fin à la livraison du courrier à domicile, entraînant la perte de 8 000 emplois supplémentaires.

M. Yussuff déplore également ce qui semble être du mépris pour la négociation collective dans la fonction publique fédérale. 

« Le gouvernement s'engage à une négociation collective de bonne foi en matière de congés de maladie des employés de la fonction publique fédérale, mais il menace d'imposer quand même son plan s'il n'obtient pas ce qu'il veut. Continuer de menacer le secteur public ne constitue pas une bonne stratégie d'emplois », a-t-il déclaré.

Autres préoccupations :

  • Ce budget n'annule pas la décision de réduire de 36 milliards de dollars les transferts en santé, continuant plutôt de lier toute augmentation à la croissance économique. Cela ne permettra pas à notre système de soins de santé de faire face à la hausse des coûts et à la demande croissante et en évolution.
  • Ce budget n'aide en rien à atténuer l'insécurité par rapport à la retraite, par exemple en augmentant les prestations du Supplément du revenu garanti pour que les aînés puissent franchir le seuil de la pauvreté, en annulant la décision de rehausser l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse de 65 de 67 ans et en s'engageant à élargir le Régime de pensions du Canada.
  • L'augmentation de la limite de contribution admissible pour les comptes d'épargne libre d'impôt favorisera de façon disproportionnée les Canadiens et les Canadiennes les plus riches, soit ceux qui gagnent plus de 200 000 $ par année. Les modifications apportées aux règles des fonds enregistrés de revenu de retraite (FERR) n'aideront que ceux qui ont des REER, mais n'apporteront rien au tiers des familles canadiennes qui comptent uniquement sur les pensions publiques ou à ceux qui n'ont pas été en mesure de placer beaucoup d'argent dans des REER. Seulement un tiers des Canadiens et des Canadiennes versent des cotisations à un REER, et le Canadien moyen utilise seulement environ 8 % des droits de cotisation à un REER.
  • Le budget ne prévoit pas la mise en œuvre du programme national de services de garde dont les familles ont besoin. Nous savons que ce programme se serait autofinancé en permettant à davantage de parents, surtout les mères, à retourner au travail. Nous avons plutôt obtenu une approche uniformisée qui ne fait pas bon usage de l'argent des contribuables, qui n'offre aucune place en garderie et qui n'aborde pas la question des coûts élevés des frais de garde.