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Samedi, 4 avril 2015

L’objectif principal du régime canadien d’assurance-emploi (AE) est de fournir une aide aux travailleuses et aux travailleurs pendant les périodes de mise à pied temporaire ou d’incapacité de travail, y compris pendant les congés de maladie et de maternité, le congé parental et les congés pour raisons familiales. Il s’agit d’un régime d’assurance auto-financé par les cotisations des employeurs et des employés.

L’assurance-emploi est particulièrement importante pour les femmes car beaucoup d’entre elles sont chef de famille. Un arrêt de travail peut avoir des conséquences désastreuses.

Comment s’assurer que le régime d’assurance-emploi tienne meilleur compte des réalités féminines?

  1. Modifier les règles pour améliorer les prestations et tenir compte de la réalité des conditions de travail des femmes.
  2. Investir une partie de l’excédent de l’AE dans des programmes de formation et d’adaptation professionnelle améliorés, y compris des programmes destinés aux femmes.
  3. Améliorer les ententes de travail partagé sous le régime de l’AE et leur financement afin de réduire le nombre de mises à pied; associer les programmes de partage du travail et de formation.
  4. Aider les travailleuses à concilier leurs responsabilités professionnelles et familiales.

Malheureusement, le régime canadien d’AE ne tient aucun compte des différentes modalités professionnelles des femmes. Bien que les femmes cotisent à l’assurance-emploi, nombre d’entre elles n’y ont pas droit ou se retrouvent indûment pénalisées.

À titre d’exemple:

  • Le calcul des prestations de l’AE est basé sur une semaine de travail moyenne de 35 heures alors que la réalité des femmes est le plus souvent de l’ordre de 30 heures.
  • 40 % des travailleuses occupe des emplois précaires ou « atypiques » et à temps partiel, ou sont autonomes.
  • Actuellement, seule une chômeuse sur trois a droit aux prestations de l’AE.

Ne pas avoir droit à l’AE signifie ne pas avoir droit aux congés rémunérés : maternité, congé parental, maladie ou congé pour raison familiale.

Même lorsque elles ont droit à l’AE, les femmes touchent des prestations plus faibles car leurs salaires sont plus bas et leur parcours professionnel est inégal. Seul un tiers du montant total des prestations régulières de l’AE est versé à des femmes, alors qu’elles représentent aujourd’hui la moitié de la population active.

Les changements récemment effectués par le gouvernement Harper ont empiré la situation des chômeuses, en particulier celles des régions à fort taux de chômage comme le Nord, le Québec et les régions rurales du Canada atlantique qui ont perdu le droit aux cinq semaines supplémentaires de prestations. Les personnes au chômage sont dorénavant forcées d’accepter des emplois qui paient moins et qui sont plus éloignés - chose difficile pour les femmes ayant des responsabilités familiales. Les modifications apportées au régime concernant les montants de rémunération admis pendant la période de versement des prestations excluent toute personne occupant un emploi à bas salaire ou travaillant moins de deux jours par semaine.

Ce que font les syndicats

Les femmes syndiquées répondent plus facilement aux critères de l’AE ouvrant droit aux prestations. Se syndiquer reste effectivement pour les femmes le meilleur moyen d’obtenir de meilleurs salaires, horaires de travail, retraites et avantages sociaux, possibilités de promotion et conditions de travail. De fait, les femmes syndiquées gagnent 6,65 $ de plus de l’heure que leurs soeurs non syndiquées. Les syndicats font pression sur le gouvernement fédéral pour que les modifications au régime de l’AE soient équitables pour tous.

Celui-ci doit répondre aux réalités de la vie professionnelle des personnes et celles qui cotisent au régime doivent avoir droit aux prestations. Il conviendrait d’apporter les changements suivants :

  • Réduire à 360 le nombre d’heures requises (pour les prestations régulières) pour tous les prestataires quel que soit la région où les personnes travaillent.
  • Établir la durée moyenne de la « semaine de travail » à 30 heures et non 35 pour le calcul du montant et de la durée des prestations, ce qui est plus réaliste au regard des travailleuses canadiennes.
  • Augmenter la durée des prestations à 50 semaines.
  • Augmenter les prestations à hauteur d’au moins 60 % du montant du salaire calculé sur base des 12 meilleures semaines de rémunération.

À l’heure actuelle, seuls 3,7 % des prestataires de l’AE reçoivent une formation, alors que le taux de chômage est en hausse et que certains secteurs de l’économie canadienne connaissent une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée. Il faut au Canada des programmes conçus pour aider les femmes et les personnes en quête d’équité à surmonter les obstacles à l’emploi, acquérir une précieuse expérience pratique de travail et/ou bénéficier d’une formation dans les professions en demande et les secteurs en expansion.

Concilier le travail et la vie de famille reste un défi important pour les femmes, le gouvernement canadien doit donc améliorer les prestations pour les congés pour raison familiale et le congé parental pour l’autre parent, ainsi que les prestations de maladie pour les travailleuses et travailleurs handicapés ou atteints de maladies de longue durée (plus de 15 semaines).