Mercredi, 27 août 2014

Le très honorable Stephen Harper
Premier ministre du Canada
Cabinet du Premier ministre
80, rue Wellington
Ottawa, Ontario K1A 0A2

Monsieur le Premier ministre,

Au nom des 3,3 millions de membres du Congrès du travail du Canada, je vous écris aujourd’hui pour demander de nouveau une enquête publique sur les cas de femmes autochtones assassinées ou portées disparues au Canada.

Plus tôt cette année, la GRC a publié un rapport indiquant que près de 1 200 femmes et filles autochtones avaient été assassinées ou portées disparues de 1980 à 2012. Ce rapport souligne que ce nombre est disproportionné puisque les femmes et filles autochtones font l’objet de plus de 16 % des meurtres de femmes et 11 % des cas de femmes portées disparues alors qu’elles ne représentent que 4 % des femmes du Canada.

L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) a créé une base de données sur les femmes et filles assassinées ou portées disparues. Le cas le plus vieux que l’on trouve dans cette base s’est produit en 1944, mais la majorité des cas sont beaucoup plus récents selon les données de la GRC.

Monsieur le Premier ministre, devant de telles preuves, la seule ligne de conduite honorable consiste à lancer une enquête publique.

Les Premiers ministres provinciaux préconisent la tenue d’une enquête, les chefs et les communautés autochtones la réclament et les Canadiens et Canadiennes soucieux de justice appuient l’appel à l’enquête.

Nous vous demandons non seulement d’engager une enquête publique nationale mais aussi d’inciter les Premiers ministres provinciaux à déterminer les mesures qui doivent être prises sans tarder pour protéger la sécurité personnelle des femmes et filles autochtones et faciliter leur accès aux services sociaux, au logement, aux soins de santé et à l’éducation afin d’apporter un appui global aux collectivités autochtones. Ces mesures comprennent l’établissement d’une stratégie nationale de réduction de la pauvreté des femmes et filles autochtones.

Vous devez commencer dès maintenant à donner le pas et à faciliter le dialogue entre les chefs autochtones et les ministres fédéral et provinciaux dont relèvent les programmes relatifs aux Autochtones.

Monsieur le Premier ministre, vous ne pouvez pas continuer à vous isoler dans ce dossier.

Lancez une enquête publique dès aujourd’hui. Faites-le avant que d’autres collectivités autochtones ne soient dévastées, qu’un plus grand nombre de familles autochtones ne souffrent et qu’une seule autre femme ou fille ne soit portée disparue ou ne se fasse assassiner.

Agréez, Monsieur le Premier ministre, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Le président,

Hassan Yussuff