Mercredi, 29 avril 2015

Le Canada se dirige vers une crise. Aujourd’hui, les personnes âgées représentent environ 16 % de la population, mais d’ici d’une génération ce nombre atteindra près de 25 %. Entre aujourd’hui et 2022, plus de 3 millions de travailleuses et de travailleurs prendront leur retraite, mais nombre d’entre eux savent déjà qu’ils n’en auront pas les moyens.

Les salaires qui peinent à suivre l’augmentation du coût de la vie et le niveau d’endettement des ménages qui est supérieur à 160 % de leur revenu disponible font en sorte que les Canadiennes et les Canadiens ont de la difficulté à épargner suffisamment pour leur retraite. Les familles économisent à un taux deux fois inférieur qu’il y a 25 ans. Les meilleures données disponibles indiquent que la moitié des contribuables actuels à revenu moyen nés entre 1945 et 1970 risquent une baisse d’au moins 25 % de leur niveau de vie lorsqu’ils prendront leur retraite.

L’ampleur de la génération qui atteindra bientôt l’âge de la retraite, associée au niveau d’épargne insuffisant, aura des conséquences désastreuses sur la santé économique et la vitalité des collectivités et des économies locales du Canada. Or, le gouvernement fédéral a changé les règles et a fait en sorte qu’il soit beaucoup plus difficile pour les personnes à la retraite d’obtenir des prestations comme la Sécurité de la vieillesse (SV) et le Supplément de revenu garanti (SRG) en rehaussant l’âge d’admissibilité de 65 à 67 ans.

La diminution du nombre d’employeurs qui offrent un régime de retraite ne fait qu’aggraver la situation. Aujourd’hui, moins de 40 % des travailleuses et travailleurs cotisent à un régime de retraite de l’employeur. Dans le secteur privé, moins de 25 % des travailleuses et travailleurs en bénéficient. Pour les jeunes travailleurs (âgés de moins de 29 ans), ce taux est de seulement 13 %.

Les employeurs quant à eux justifient l’absence de régime de retraite au travail principalement par le manque de souplesse, la complexité et les complications associées. C’est particulièrement le cas pour les petites entreprises qui emploient seulement quelques d’employés.

Les retraites sont d’une importance capitale pour le bien-être des travailleuses, des travailleurs et de leurs familles, et pour la santé économique et la vitalité de nos villes et collectivités. La plupart des travailleuses et des travailleurs qui bénéficient d’une retraite peuvent remercier les syndicats. En plus d’apporter la dignité au travail et une rémunération équitable, les syndicats négocient des retraites pour leurs travailleuses et travailleurs. Mais ce n’est pas tout le monde qui bénéficie d’une convention collective ou d’un syndicat dans leur milieu de travail. Sans mesures claires et décisives de la part du gouvernement, un grand nombre d’employés actuels (et personnes âgées de demain) pourraient vivre leurs dernières années dans la pauvreté.

Nous pouvons mieux faire. En fait, il existe déjà une solution qui peut fonctionner, pour tout le monde.

Un élargissement du Régime de pensions du Canada (RPC) est, de loin, le moyen le plus simple et le plus rentable pour les travailleurs et les employeurs de contribuer à assurer un revenu de retraite sûr et approprié. Les travailleuses et travailleurs canadiens (y compris les travailleurs autonomes) cotisent pratiquement déjà tous au RPC. Le Régime assure les travailleurs où qu’ils travaillent au Canada, peu importe le nombre de fois qu’ils changent d’emploi. Il offre des prestations de retraite prévisibles et sûres, à l’abri de l’inflation et versées jusqu’au décès du participant. Et tout cela a un coût extrêmement faible.

Le mouvement syndical veut que des mesures concrètes soient prises afin d’améliorer la sécurité des retraites des travailleuses et des travailleurs et éviter les conséquences catastrophiques engendrées par une crise des revenus de retraite. 

Le gouvernement doit :

  • s’engager à doubler les prestations du RPC 
  • supprimer la hausse de l’âge d’admissibilité à la SV et au SRG de 65 à 67 ans
  • augmenter les prestations du SRG afin de lutter contre l’augmentation du taux de pauvreté parmi les personnes âgées au Canada
  • améliorer l’accès à la retraite pour les travailleuses et travailleurs canadiens et appuyer les régimes de retraite de l’employeur