Jeudi, 23 novembre 2017

Le 25 novembre est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qui marque le début des 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes.

Cette campagne nous donne l’occasion de réfléchir à l’effet que la violence fondée sur le sexe a sur nos vies, notre travail et nos communautés et d’agir pour aider à l’éliminer. Au Canada, les syndicats et de nombreuses autres organisations tiennent des événements et des actions le 6 décembre, journée consacrée à la commémoration des meurtres de femmes commis à l’École polytechnique de Montréal en 1989.

Cette année, inspiré par la campagne #MeToo et reconnaissant qu’un trop grand nombre de femmes font l’objet de harcèlement sexuel et d’autres formes de violence sexiste au travail, le Congrès du travail du Canada lance un défi aux gouvernements, aux syndicats et aux hommes qui font partie du mouvement syndical.

Il est temps d’intensifier nos efforts.

« Pour vraiment éliminer la violence faite aux femmes, il faut que les hommes se prennent en main », déclare Hassan Yussuff, président du CTC. « Nous devons reconnaître notre complicité dans la perpétuation d’une culture qui tolère une masculinité toxique. Les hommes doivent assumer les conséquences de leur propre comportement et s’en tenir responsables eux-mêmes et les uns les autres. Et nous devons nous engager à changer les choses – dans nos lieux de travail et aussi au sein de nos organisations. »

Le CTC s’est associé à la réalisatrice et au réalisateur du film documentaire Un homme meilleur. Ce film présente une série de conversations entre une survivante de violence conjugale et son ancien agresseur. C’est un film puissant destiné à provoquer des conversations au sujet de la responsabilité, de la guérison et de la possibilité de justice réparatrice.

Le 24 novembre, le CTC lancera un guide de discussion pour les syndicats qui fondera sur le film une conversation de plus vaste portée au sujet de la violence conjugale et de ce que les individus, les syndicats et les milieux de travail peuvent faire pour rompre le silence et mettre fin au cycle de violence.

« Nous encourageons les membres de syndicats – et particulièrement les hommes – à visionner le film et à parler de leurs réactions, que ce soit sur les médias sociaux, pendant un événement syndical ou à table avec des amis et des voisins », dit M. Yussuff. « Nous voulons aussi voir à ce que la parole mène à l’action, au changement de comportement et à la modification de la législation. » 

Par suite de son enquête sans précédent sur la violence conjugale au travail, le CTC a pris les mesures suivantes :

  • Lancer un programme d’éducation afin de donner aux représentantes et représentants syndicaux les outils nécessaires pour reconnaître la violence conjugale au travail et y répondre, sensibiliser les gens au problème en milieu de travail et aider à assurer la sécurité des membres et les soutenir au travail.
  • Établir des dispositions de convention collective pouvant aider les syndicats à négocier des soutiens au travail, y compris des congés payés pour violence conjugale et la création de programmes d’intervenantes auprès des femmes.
  • Faire pression sur les gouvernements de tous les ordres pour qu’ils amendent la législation sur la santé et la sécurité de manière à reconnaître que la violence conjugale est une forme de violence au travail (comme le reconnaît la législation de l’Ontario) et qu’ils suivent l’exemple du Manitoba en modifiant les normes d’emploi pour donner à tous les travailleuses et les travailleurs l’accès à des congés payés pour violence conjugale.
  • Collaborer avec le mouvement syndical mondial pour faire des pressions en vue de l’établissement d’une norme internationale du travail sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail. 

Les efforts des syndicats, de leurs membres et des fédérations du travail ont porté fruit. L’Ontario se joindra au Manitoba en accordant cinq journées de congé payé pour violence conjugale, et des discussions ont été engagées dans bon nombre d’autres compétences. Un projet de loi sur le harcèlement et la violence dans les lieux de travail relevant de la compétence fédérale a été déposé dernièrement et la Loi d’exécution du budget la plus récente crée un congé non payé pour violence familiale. Les syndicats du Canada continueront d’insister pour que ce congé soit payé et que la législation sur le harcèlement et la violence définisse clairement et établisse des procédures permettant de contrer le harcèlement et la violence au travail.

Le 25 novembre, visionnez Un homme meilleur en ondes sur TVO ou en ligne sur TVO.org. Rendez-vous à notre centre de ressources en ligne pour télécharger le guide de discussion sur ce documentaire. Pendant les 16 jours d’activisme, suivez @CanadianLabour pour obtenir des conseils et des outils et participez à la conversation en utilisant les mots-clics #16jours et #DVatWork.