Mercredi, 11 avril 2018

Depuis longtemps, les syndicats du Canada célèbrent la diversité et dénoncent la discrimination, le harcèlement et l’intimidation. Le 11 avril, soit la Journée internationale en rose, les gens sont appelés à porter du rose à l’école, au travail et dans la communauté pour manifester leur solidarité à l’égard des survivants de l’intimidation homophobe ou transphobe.

« Le harcèlement et la violence font grandement obstacle à l’accès à l’égalité, particulièrement dans le cas des LGBTABI qui sont démesurément affectés par la violence, le harcèlement et l’intimidation. Les syndicats du Canada sont fiers d’avoir négocié des politiques interdisant le harcèlement, la violence et la discrimination dans les milieux de travail de tout le pays, mais il reste du travail à accomplir », déclare Larry Rousseau, vice-président exécutif du CTC.

Pour ceux d’entre nous qui s’identifient en tant que personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, allosexuelles, bispirituelles et intersexuées (LBGTABI), le harcèlement et la violence peuvent être agravés par d’autres formes de discrimination telles que le racisme, le sexisme ou la discrimination fondée sur les capacités. C’est ce que vivent quotidiennement un trop grand nombre de personnes.

Selon Statistique Canada, 13 % des crimes haineux signalés à la police en 2016 étaient motivés par la haine fondée sur l’orientation sexuelle.

Un rapport d'Egale Canada indique que l’intimidation peut avoir des effets de longue durée sur la santé mentale, ce qui peut accroître le risque de suicide. Des études confirment que le taux de suicide et de pensées suicidaires est beaucoup plus élevé chez les jeunes LGBTQ que chez les autres jeunes.

Les recherches innovatrices du CTC au sujet des répercussions de la violence conjugale sur le monde du travail ont également révélé que les travailleurs trans avaient des taux de violence conjugale considérablement plus élevés que les autres.

La Journée internationale en rose a été lancée en Nouvelle-Écosse quand des élèves du secondaire sont intervenus pour appuyer un autre élève faisant l’objet d’intimidation parce qu’il portait un t-shirt rose. Ces élèves ont acheté des t-shirts roses et encouragé leurs camarades de classe à porter du rose à l’école pour manifester leur solidarité à leur pair victime d’intimidation. Tous y ont participé, dénonçant ainsi l’intimidation homophobe et transphobe à l’école. Depuis, la Journée en rose est devenue un mouvement et des activités de sensibilisation se déroulent dans l’ensemble du Canada et dans le monde entier.

Les syndicats du Canada non seulement aident à sensibiliser les gens en participant à la Journée internationale en rose mais aussi continuent à faire des pressions en vue de l’augmentation de la sécurité en milieu de travail et de l’élimination de la violence et du harcèlement homophobes, transphobes et fondés sur le sexe. Cela passe par la revendication d’une définition claire de la violence et du harcèlement dans le projet de loi C-65 déposé dernièrement afin que les travailleurs et travailleuses soient protégés contre le harcèlement et la violence transphobes et homophobes, y compris l’intimidation.

Nous offrons une formation et des ressources pour aider les gens à éliminer la discrimination et à créer des milieux de travail et des communautés plus sécuritaires et exempts de violence fondée sur le sexe, y compris l’intimidation homophobes et transphobes.

Le CTC a lancé dernièrement la campagne #Fautquecabouge qui indique des mesures concrètes que le gouvernement fédéral peut prendre pour niveler les obstacles à l’égalité au Canada – lesquels comprennent la violence et le harcèlement fondés sur le sexe en milieu de travail.

Sur la scène internationale, nous collaborons avec le mouvement syndical mondial pour lancer un appel à l’établissement d’une convention de l'OIT sur la violence sexiste au travail qui prévoirait explicitement la protection des travailleurs et travailleuses LGBTABI.

« La violence et le harcèlement ne devraient jamais faire partie du travail. Nous encourageons toute personne à dénoncer la discrimination dès qu’elle en prend connaissance », dit M. Rousseau.

« En cette Journée en rose, nous incitons le gouvernement fédéral à voir à ce que les travailleurs et les travailleuses puissent signaler le harcèlement et la violence en toute sécurité en mettant en œuvre des mesures anti-représailles, y compris la protection des dénonciateurs, à engager plus d’agents fédéraux de santé et de sécurité et à les former pour qu’ils puissent dépister et éliminer le harcèlement et la violence sous toutes leurs formes ainsi qu’à reconnaître que la violence conjugale est un risque du milieu de travail », ajoute M. Rousseau.

Pour en savoir plus sur la campagne #Fautquecabouge du CTC, rendez-vous à l’adresse http://www.fautquecabouge.ca/. Lisez notre guide de négociation pour les LGBTABI.