Vendredi, 7 novembre 2014

Malgré les signes positifs que présente l’enquête sur la population active la plus récente de Statistique Canada, les perspectives de la relève demeurent tristes.

« Le mois dernier, 26 000 jeunes travailleurs et travailleuses ont abandonné leur recherche d’emploi et quitté le marché du travail. Les emplois créés par notre économie pour ces personnes depuis un an comprennent plus d’emplois à temps partiel qu’à plein temps. Nous devons faire mieux que cela pour notre relève », dit Hassan Yussuff.

La récession la plus récente est terminée depuis cinq ans et le Canada comprend près de 360 000 jeunes personnes qui veulent du travail mais n’arrivent pas à trouver l’emploi dont ils ont besoin. M. Yussuff déclare que le besoin d’un plan national de création d’emplois crève les yeux.

Le tiers des jeunes travailleurs et travailleuses ont des emplois à temps partiel – un grand nombre d’entre eux ayant des emplois à bas salaires, temporaires et autrement instables – et nombreux sont ces emplois qui se trouvent dans le secteur de la vente au détail et des services, reconnu pour son instabilité. Un trop grand nombre de jeunes sont sous-employés, soit parce qu’ils n’arrivent pas à obtenir suffisamment d’heures de travail, soit parce qu’ils ne participent que de façon marginale à la population active. Nous estimons que le quart des jeunes travailleurs et travailleuses était sous-employé en octobre.

Par ailleurs, les employeurs ne cessent de déplorer le manque de compétences des jeunes. Or, dans la plupart des cas, il s’agit plutôt d’un simple manque d’expérience. On peut prévoir que ce manque d’expérience augmentera parce que les employeurs et les gouvernements ont réduit les stages rémunérés et la formation en cours d’emploi pour les jeunes.

« La population canadienne s’attend à ce que son gouvernement fédéral s’attaque aux problèmes importants tels que le sous-emploi chronique et l’incapacité du marché du travail canadien de créer un nombre suffisant d’emplois permanents à plein temps. C’est un plan de création d’emplois et non un plan de communication qu’il nous faut : nous voulons de l’action et notre jeunesse veut des emplois », ajoute M. Yussuff.

ANALYSE RAPIDE D’ANGELLA MACEWEN

Le nombre des emplois a augmenté de 43 000 et le taux de chômage a baissé à 6,5 %. Même si la croissance de l’emploi a été considérable depuis deux mois, l’emploi total n’a augmenté que de 1 % depuis un an et les emplois à temps partiel ont compté pour plus de la moitié de la croissance de l’emploi. Le secteur public a ralenti la croissance car il a éliminé près de 54 000 emplois en octobre. Un autre signe de faiblesse est la lenteur de la croissance des heures de travail, qui n’a été que de 0,4 % en un an.

La qualité des emplois demeure un sujet d’inquiétude parce que la vente au détail et le travail autonome ont compté pour la majeure partie de la croissance de l’emploi survenue en octobre.

Le taux de chômage est passé de 7,0 % à 6,5 % depuis octobre 2013. Le taux de sous-emploi calculé par le Congrès du travail du Canada a subi une diminution moindre, passant de 13,1 % à 12,8 % d’octobre 2013 à octobre 2014. Cela confirme le point de vue de la Banque du Canada selon lequel il reste encore beaucoup de jeu entre l’offre et la demande sur le marché du travail canadien.

sous emplois

Le taux de chômage des jeunes n’a été ramené de 13,5 % à 12,6 % que parce que 26 000 jeunes ont quitté le marché du travail. Pour les jeunes travailleurs et travailleuses nouveaux venus au Canada (arrivés depuis 5 années ou moins), le taux de chômage a atteint 21 % en octobre. Au total, les jeunes travailleurs et travailleuses ont gagné 20 000 emplois à temps partiel et perdu 15 000 emplois à plein temps en octobre. Le taux de sous-emploi des travailleurs et travailleuses de 15 à 24 ans est demeuré élevé, à 24,6 %. Ce sont des signes qu’il nous faut un plan solide pour donner de bons emplois aux jeunes.