Vendredi, 10 mai 2013

OTTAWA ― Des recherches effectuées par le Congrès du travail du Canada révèlent que, ces dernières années, la plupart des emplois créés dans l’économie canadienne ont été occupés par des travailleurs et travailleuses migrants.

« Environ 75 % des emplois créés au Canada en 2010 et 2011 ont été dotés de travailleuses et travailleurs migrants internationaux même si 1,4 million de résidentes et résidents canadiens étaient en chômage », déclare Ken Georgetti, président du CTC. Les recherches du CTC sont fondées sur des données issues de l’Enquête sur la population active, de Statistique Canada, et des données de Citoyenneté et Immigration Canada.

En avril, le gouvernement fédéral a dû apporter des modifications au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) après qu’il a été clairement prouvé que les employeurs recouraient à ce programme pour faire venir des travailleurs et travailleuses migrants vulnérables en des temps où le taux de chômage demeure élevé au Canada.

« Les employeurs et le gouvernement fédéral ont tenté de nier ce qui se passe, mais nous avons effectué les calculs, et les tendances sont claires. Dans la plupart des provinces, la main-d’œuvre migrante a compté pour plus de 50 % des nouveaux emplois nets pendant la période de 2008 à 2012 », dit M. Georgetti. « Nous croyons que les employeurs et le gouvernement fédéral font appel à des travailleurs et travailleuses migrants vulnérables afin de faire baisser les salaires au Canada. »

M. Georgetti a présenté des exemples ayant trait à la main-d’œuvre migrante et à la création d’emplois dans les provinces canadiennes :

  • En Colombie-Britannique, l’afflux de travailleurs et travailleuses migrants internationaux a dépassé le nombre net d’emplois créés de 2008 à 2011. La C-B a créé 52 100 nouveaux emplois nets au cours de cette période et en 2011 la province comprenait près de 70 000 travailleurs et travailleuses migrants internationaux.
  • En 2009, l’Alberta a fait venir 28 547 travailleurs et travailleuses migrants internationaux pendant que l’économie perdait 28 500 emplois nets.
  • En Saskatchewan, 65 % des emplois nets créés pendant la période de 2008 à 2011 ont été occupés par des travailleurs et travailleuses migrants internationaux.
  • Au Manitoba, en 2011, environ 70 % des emplois nets créés ont été occupés par des travailleurs et travailleuses migrants internationaux.
  • En Ontario, plus de 164 000 emplois ont été éliminés en 2009, mais 60 000 travailleurs et travailleuses migrants internationaux sont arrivés dans la province. En 2011, 56 % des nouveaux emplois nets étaient occupés par des travailleurs et travailleuses migrants internationaux.
  • Au Québec, 90 % des nouveaux emplois nets créés en 2011 ont été occupés par des travailleurs et travailleuses migrants internationaux.
  • Le Nouveau-Brunswick a perdu 3 400 emplois en 2010 et 4 100 en 2011, mais le nombre des travailleurs et travailleuses migrants internationaux arrivant dans la province en 2011 a augmenté, passant à 1 819. La Nouvelle-Écosse n’a créé que 300 nouveaux emplois nets en 2011 mais plus de 2 800 travailleurs et travailleuses migrants internationaux sont arrivés dans la province cette année-là.
  • L’Île-du-Prince-Édouard a créé 1 400 nouveaux emplois nets en 2011 et 42 % d’entre eux ont été occupés par des travailleurs et travailleuses migrants internationaux.
  • Terre-Neuve-et-Labrador a perdu plus de 6 000 emplois en 2009. Pourtant, près de 1 400 travailleurs et travailleuses migrants internationaux sont arrivés dans la province cette année-là. En 2011, 22 % des emplois nets créés étaient occupés par des travailleurs et travailleuses migrants internationaux.

M. Georgetti ajoute ce qui suit : « Soyons clairs. Nous accueillons les travailleuses et les travailleurs migrants dans les cas où il y a des pénuries prouvées de main-d’œuvre au Canada, mais nous voulons nous assurer qu’ils jouissent d’une protection au travail et qu’ils soient intégrés à la communauté. Ils devraient participer au processus d’immigration en vue de l’obtention du statut de résident permanent plutôt que de se faire exploiter dans le cadre de régimes de migration. »

Le Congrès du travail du Canada, voix nationale du mouvement syndical, représente 3,3 millions de travailleuses et travailleurs canadiens. Le CTC réunit les syndicats nationaux et internationaux du Canada, les fédérations provinciales et territoriales du travail et 130 conseils du travail régionaux. Site Web : www.congresdutravail.ca. Suivez-nous sur Twitter @CanadianLabour.