Vendredi, 18 juillet 2014

Hassan Yussuff, président du Congrès du travail du Canada, affirme que l'assurance-emploi ne répond pas aux besoins des sans-emploi au Canada, et que ceux qui cotisent à ce programme n'ont pas suffisamment leur mot à dire quant à la façon dont l'argent est dépensé.

M. Yussuff réagissait à la décision de la Cour suprême concernant l'élimination de l’excédent de 57 milliards de dollars au Compte d'assurance-emploi (CAE). Le CAE a amassé un énorme excédent à la fin des années 1990 lorsque le gouvernement fédéral a restreint l'accès aux prestations. Le gouvernement fédéral a par la suite utilisé cet excédent pour équilibrer son budget. Plutôt que de retourner l'argent emprunté au CAE, le gouvernement conservateur a décidé en 2010 de fermer le Compte et de transférer de façon permanente cet excédent de 57 milliards de dollars aux coffres du gouvernement fédéral.

La Cour suprême a statué aujourd'hui que la décision du gouvernement fédéral était constitutionnelle et que l'argent appartenait au Trésor public et non aux employeurs et aux travailleurs qui cotisent au Compte.

« Si davantage de sans-emploi avaient eu accès à des prestations, il n'y aurait jamais eu d'excédent, a indiqué M. Yussuff. Le programme d'assurance-emploi est absolument essentiel pour appuyer les travailleuses et travailleurs qui ont perdu leur emploi bien malgré eux. »

Il semble également que l'histoire soit en train de se répéter puisque la décision coïncide avec un creux historique quant à l'accès à l'assurance-emploi. Seulement 37 % des 1,3 million de personnes en chômage au Canada touchent des prestations d'AE. Pourtant, il est prévu que l'excédent annuel dans le CAE s'élèvera à environ 4 milliards de dollars en 2014.

« Comment est-ce acceptable d'accumuler des excédents annuels dans le CAE, alors que 63 % des sans-emploi ne reçoivent pas de prestations?, se demande M. Yussuff. L'assurance-emploi est un élément important de notre filet de sécurité sociale qui est mis en pièces par ce gouvernement. »