Samedi, 6 décembre 2014

Il y a vingt-cinq ans, quatorze femmes étaient assassinées à l'École Polytechnique de Montréal. Pourtant, les femmes et les jeunes filles canadiennes continuent de subir chaque jour des actes de violence chez elles, à l'école, au travail et à l'extérieur. Les médias et le Web véhiculent constamment des images et des comportements sexistes. Les femmes qui réagissent sont prises pour cibles et harcelées. 

Il faut que ça cesse.

Le mouvement syndical canadien veut aider à bâtir une société où les jeunes filles ne seront plus victimes de violence, de discrimination ou d'inégalités simplement parce qu'elles sont de sexe féminin. Nous voulons un monde où les jeunes filles et les femmes peuvent travailler, étudier et se former sans crainte. C'est ça l'équité.

Le mouvement syndical participe activement à l'élimination de la violence contre les femmes. Les syndicats ont mené d'importants efforts pour améliorer la sécurité des femmes au travail en négociant l'adoption de politiques contre la discrimination et le harcèlement.

Nous avons contribué à la mise en place des dispositions sur le contrôle des armes à feu à la suite de la tragédie du 6 décembre 1989 et nous continuons à réclamer des mesures efficaces dans ce domaine. Aujourd'hui, nous soutenons les appels pour une enquête publique sur les cas de disparitions et de meurtres de femmes autochtones. Nous travaillons également avec nos alliés pour convaincre le gouvernement fédéral d'élaborer un Plan d'action national sur la violence contre les femmes. 

Pour marquer le 25e anniversaire de la tragédie meurtrière de l'École Polytechnique, le mouvement syndical canadien intensifie ses efforts pour éliminer la violence contre les femmes au travail. En collaboration avec l'Université Western, le Congrès du travail du Canada publie les résultats d'une enquête nationale sans précédent sur les effets de la violence conjugale sur le milieu de travail.

L'enquête révèle qu'un très grand nombre de travailleuses et de travailleurs au Canada ont subi des actes de violence conjugale, soit près d'un tiers des 8 429 personnes ayant répondu. Les femmes, les Autochtones, les lesbiennes, les gays, les personnes bisexuelles et transgenres sont les plus concernés.

L'enquête a également démontré que la violence ne s'arrête pas au seuil de la maison. Elle suit les individus au travail, elle a des répercussions considérables sur le rendement professionnel et pour 10 % des personnes ayant répondu à l'enquête, la violence conjugale a causé la perte de leur emploi. 

Il est temps de parler. Cette enquête est le point de départ d'une discussion, qui doit impliquer les syndicats, les employeurs et les gouvernements, sur comment assurer la sécurité au travail des personnes victimes de violence conjugale ainsi que le soutien de leur syndicat et celui de l'employeur. Les résultats de l'enquête illustrent clairement ce défi et nous sommes prêts à le relever.

Pour en savoir plus sur l'enquête et regarder notre vidéo, suivez le lien www.domesticviolenceatwork.ca

Ce 6 décembre, nous rendons hommage à quatorze femmes et à beaucoup d'autres. Et nous nous engageons à agir.

Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault,
Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Maryse Laganière, Maryse Leclair,
Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault,
Annie Turcotte, Barbara Klucznik-Widajewicz