Mercredi, 1 février 2017

Les syndicats canadiens demandent instamment au gouvernement du Canada de dénoncer le décret du gouvernement américain interdisant l'entrée aux États-Unis aux réfugiés syriens et discriminant contre les réfugiés de confession ou de culture musulmane. Ils souhaitent également que le Canada aide davantage les personnes les plus touchées.

« Les mesures prises par l'administration américaine reposent sur l'ignorance,  l'islamophobie et la haine. Elles n'ont rien à voir avec la protection de la sécurité nationale », a déclaré Hassan Yussuff, président du CTC.  « Au contraire, elles encouragent la violence et menacent la sécurité de milliers de familles fuyant désespérément la terreur dans leur propre pays. »

Hassan Yussuff a souligné que l'interdiction était contraire à la longue tradition d'accueil de demandeurs d'asile et d'immigrants par des millions d'Américaines et d'Américains et l'appréciation manifestée pour leur contribution à leur nouveau pays.

« La politique divisive du président Trump ne reflète pas la volonté de la majorité de la population américaine, un fait confirmé par les millions de personnes qui ont envahi les rues et les médias sociaux en protestation », a-t-il déclaré.

Hassan Yussuff a fait un rapprochement entre les propos et les politiques anti-musulmanes formulées par l'administration américaine et la haine qui a inspiré l'attaque de dimanche soir contre des fidèles musulmans à Québec.

« Nous ignorons à ce stade ce qui a motivé l'attaque de dimanche soir à Québec, mais il est indéniable que le racisme et l'islamophobie manifestes des propos et de l'approche de l'administration américaine alimentent la peur et encouragent les crimes de haine contre les communautés musulmanes », a-t-il déclaré.

«Voilà pourquoi il était de la plus haute importance que le Premier ministre canadien dénonce l'interdiction d'entrée aux États-Unis à l'encontre de la communauté musulmane comme discriminatoire.

Notre gouvernement a déjà fait preuve de leadership sur la scène internationale en accueillant publiquement des réfugiés et en déclarant ouvertement que le Canada ne pratiquerait pas de discrimination fondée sur la foi ou l'appartenance ethnique. À présent, le Canada doit envoyer un message clair aux États-Unis et au reste du monde en dénonçant cette approche manifestement discriminatoire et en déclarant que la haine et la violence qu'elle inspire ne seront pas tolérées », a-t-il ajouté.

Hassan Yussuff a déclaré que le mouvement syndical se rangeait également aux côtés d'organisations de défense des droits de la personnes et des réfugiés à travers le pays qui réclament au gouvernement de prendre des mesures concrètes pour aider les personnes touchées par l'interdiction. Ces mesures sont les suivantes :

  1. Augmenter les objectifs canadiens de réinstallation des réfugiés et ouvrir la voie à d’autres demandes de parrainage de réfugiés. Le gouvernement prévoit de faire venir seulement 7 500 réfugiés pris en charge par le gouvernement et 16 000 réfugiés parrainés en 2017. Ce nombre doit augmenter. Le gouvernement du Canada doit également revenir sur des mesures limitant le parrainage de réfugiés afin que les communautés puissent mieux participer à l'aide à l'établissement.
     
  2. Venir en aide aux personnes actuellement bloquées en accordant, à titre d'urgence, l'asile à tous les individus qui, malgré avoir suivi deux ans de processus de sélection rigoureux, se voient refuser l'entrée aux États-Unis.
     
  3. Se retirer de l’Entente sur les tiers pays sûrs avec les États-Unis, qui ferme la porte aux demandeurs d’asile qui se présentent à la frontière terrestre du Canada. Les États-Unis n’ont jamais été un pays sûr pour les réfugiés. Le Canada doit veiller à ce que les personnes qui ont besoin de la protection du Canada puissent présenter leur demande d'asile de façon ordonnée à la frontière.

Vous voulez en savoir plus? Consultez les appels à l'action de nos alliés :

Conseil canadien pour les réfugiés

Amnistie Internationale Canada (page en anglais seulement)

Association canadienne des libertés civiles (page en anglais seulement)