Vendredi, 31 octobre 2014

Les annonces du gouvernement fédéral aujourd'hui sur la Prestation universelle pour la garde d'enfants et le fractionnement des revenus laisseront de côté la plupart des familles travailleuses et n'encourageront pas la participation au marché du travail, dit Hassan Yussuff, président du Congrès du travail du Canada.
 
« Ces propositions coûteuses et irresponsables ne tiennent pas compte de la réalité de la plupart des familles travailleuses aujourd'hui, affirme M. Yussuff. Le gouvernement devrait mettre les surplus budgétaires au service de toutes les familles canadiennes, pas seulement les 14 p. cent les plus riches. »
 
Le CTC réclame depuis longtemps une stratégie nationale de garde d'enfants qui permettrait de créer des places en garderie à prix abordable. Cela aurait pour effet de stimuler la croissance économique en permettant à davantage de parents, en particulier les mères, à intégrer le marché du travail, de créer de bons emplois pour le personnel des services de garde et d'accroître le rendement des travailleuses et travailleurs qui pourraient se concentrer sur leur travail, sachant que leurs enfants sont en sécurité et bien soignés.
 
« Comment ce plan aide-t-il les parents qui n'arrivent pas à trouver une place en garderie? Comment cela aidera-t-il les parents à Toronto et dans d'autres centres urbains qui paient 2 000 $ par mois par enfant? », se demande M. Yussuff.
 
« Nous avons besoin d'un programme de services de garde qui crée des places à prix abordable et qui aide les mères à occuper un emploi rémunéré pleinement et équitablement, et ce gouvernement nous propose exactement le contraire », ajoute-t-il.
 
Les études sur des programmes similaires aux États-Unis et en Europe indiquent qu'ils diminuent la participation des femmes à la population active. Par ailleurs, la participation masculine demeure la même, ce qui entraîne une perte nette pour l'économie en raison du nombre réduit d'heures travaillées. Les programmes de services de garde ont l'effet opposé, car ils augmentent la participation au marché du travail et le nombre total d'heures travaillées.
 
« En raison du vieillissement de la population, le Canada a besoin de plus de gens qui travaillent, pas moins, indique M. Yussuff. Dépenser des milliards de dollars pour décourager les mères de travailler est rétrograde sur le plan économique », ajoute-t-il.