Mardi, 30 avril 2013

OTTAWA ― Le président du Congrès du travail du Canada reconnaît que des changements ont été apportés au Programme de travailleurs étrangers temporaires (PTET) par le gouvernement conservateur, mais indique que ces changements mettent en évidence les conséquences de l’incapacité du gouvernement à mener adéquatement des consultations et à écouter les intervenants lors de l’élaboration de politiques et de lois.

Ken Georgetti réagissait à une annonce faite le 29 avril. « D’abord, l’assurance-emploi, et maintenant le PTET. Ce gouvernement a dû battre en retraite pour régler les problèmes qu’il a créés parce qu’il n’a pas écouté les mises en garde de ceux qui possèdent une expérience et une expertise relativement à ces questions », indique M. Georgetti.

Selon M. Georgetti : « Nous avons rencontré les représentants du gouvernement en 2012 au sujet du Programme des travailleurs étrangers temporaires et les avons mis en garde qu’il pouvait donner lieu à des abus. À l’époque, ils nous ont accusés d’être alarmistes, mais maintenant ils apportent certains des changements que nous avions suggérés. »

M. Georgetti se réjouit de l’engagement du gouvernement de mettre fin à la pratique consistant à payer les travailleurs migrants un salaire moins élevé que d’autres travailleurs. « Nous constatons que le gouvernement, et même le gouverneur de la Banque du Canada, a réalisé, comme nous l’avions prédit, que cette politique avait l’effet de faire baisser les salaires en général. »

M. Georgetti se réjouit aussi que les employeurs doivent dorénavant payer les frais de traitement des demandes pour les travailleurs migrants recrutés en vertu du PTET. Auparavant, ces frais étaient absorbés par le gouvernement.

Le président du CTC prévient toutefois que la surveillance et le contrôle seront essentiels pour que les changements annoncés soient effectifs. « Une bonne partie de ce que le gouvernement propose maintenant existe déjà, mais n’est pas appliquée. Ils promettent de mettre au pas les employeurs, mais ils l’ont déjà annoncé, sans rien faire. Si la surveillance et le contrôle ne sont pas réels et efficaces, les changements qui sont proposés ne corrigeront en rien à la situation actuelle. »

M. Georgetti ajoute : « Quand il est démontré qu’il y a pénurie de main-d’œuvre, nous voulons nous assurer que les travailleuses et travailleurs migrants qui viennent au Canada sont protégés au travail et accueillis dans la communauté. Ils devraient faire partie du processus d’immigration permanente, et non pas être exploités dans des programmes de travailleurs migrants temporaires. »

Le Congrès du travail du Canada, voix nationale du mouvement syndical, représente 3,3 millions de travailleuses et travailleurs canadiens. Le CTC réunit les syndicats nationaux et internationaux du Canada, les fédérations provinciales et territoriales du travail et 130 conseils du travail régionaux. Site Web : congresdutravail.ca. Suivez‑nous sur Twitter : @CanadianLabour.