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Jeudi, 19 mai 2016

Avant même qu’il soit signé en 2008, l’Accord de libre-échange Canada-Colombie (ALÉCCO) a soulevé des préoccupations importantes pour les syndicats dans les deux pays. À l’époque, le gouvernement canadien a soutenu que l’accord contribuerait à faire évoluer les droits de la personne et du travail en Colombie. Toutefois, il apparaît de plus en plus clair par la surveillance que le gouvernement colombien ne s’acquitte pas de ses obligations en matière de protection fondamentale des travailleuses et travailleurs et des droits de la personne.

« La Colombie est depuis longtemps l’un des pays les plus dangereux au monde pour se prévaloir de ses droits du travail. Depuis la mise en œuvre de l’Accord de coopération dans le domaine du travail entre le Canada et la Colombie (ACT), les conditions de travail des Colombiens se sont en fait aggravées dans de nombreuses industries. Les travailleuses et travailleurs qui cherchent à exercer leurs droits ont été victimes d’au moins 1 466 menaces et actes de violence, dont 99 assassinats, 6 enlèvements et 955 menaces de mort », a déclaré Hassan Yussuff, président du Congrès du travail du Canada.

Les violations des droits de la personne étaient tellement répandues en Colombie que les gouvernements des États-Unis et du Canada ont tous les deux fait pression sur le gouvernement colombien pour qu’il adopte de nouvelles lois et politiques visant à protéger les travailleurs avant la signature des accords. Toutefois, les preuves démontrent que les violations se poursuivent. Les formes illégales d’impartition et de sous-traitance ont augmenté de 10 %. Personne n’a été reconnu coupable de violations criminelles de la liberté syndicale, et la discrimination envers les syndicalistes se poursuit.

Les entreprises canadiennes en Colombie ne sont pas différentes quant à ces pratiques. Par exemple, Pacific Rubiales est une entreprise canadienne du secteur extractif enregistrée en Colombie sous Meta Petroleum Corp. En 2011, les syndicats colombiens ont signalé que Pacific Rubiales a mis à pied 1 100 travailleurs pour avoir tenté de se syndiquer afin de traiter de questions comme la santé et la sécurité. Il existe également des rapports indiquant que des policiers antiémeutes colombiens (ESMAD) ont servi à intimider des travailleurs et à réprimer violemment des rassemblements en faveur des syndicats.

Dans une soumission publique présentée au gouvernement, le CTC et trois confédérations syndicales colombiennes demandent au gouvernement du Canada de mener des consultations ministérielles afin de s’assurer que le gouvernement de la Colombie « prenne toutes les mesures nécessaires pour modifier ses lois, règlements et procédures conformément aux droits fondamentaux du travail de l’OIT et régler les obstacles juridiques, institutionnels et pratiques à l’application efficace des lois du travail et l’accès à la justice ».

« Le gouvernement du Canada ne peut continuer de compter la Colombie comme un partenaire commercial privilégié alors que surviennent ces violations aux droits de la personne », a ajouté M. Yussuff.