Jeudi, 21 juin 2018

À l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones de cette année, les syndicats du Canada demandent au gouvernement fédéral de prolonger de deux ans le mandat de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Plus tôt en juin, la Commission ne s’est vu accorder qu’une prolongation de six mois en réponse à sa demande de prolongation de son mandat de deux années.

« Nous devons nous abstenir de commettre les mêmes erreurs que par le passé et tirer des leçons de notre histoire », dit Hassan Yussuff, président du CTC. « Cela exige de mettre les voix des communautés autochtones au centre de l’enquête afin de pleinement confronter ‘l’héritage de colonisation destructeur’ décrit par la Commission de vérité et réconciliation ».

Les commissaires ont demandé une prolongation en fonction des besoins exprimés par les communautés autochtones, les survivantes et survivants et les membres des familles des personnes assassinées ou portées disparues.

« Si la procédure, la méthode, les solutions et la défense de cause ne sont pas orientées par les personnes directement intéressées, nous nous trouverons à renforcer les tactiques coloniales mêmes qui nous ont mené où nous en sommes dans nos rapports avec les Autochtones, soit les Premières Nations, les Inuits et les Métis », précise M. Yussuff.

La prolongation du mandat met en équilibre le besoin pressant de mettre fin à la violence faite aux femmes et aux filles autochtones et la nécessité de voir à ce que les recommandations du rapport final soient exhaustives. Une prolongation de deux ans permettrait une plus grande participation de la communauté et une prise en compte des réalités particulières des personnes LGBTQ et bispirituelles.

Les syndicats du Canada sont d’avis que la reconnaissance de la Journée nationale des peuples autochtones passe par la reconnaissance des besoins des peuples autochtones et la promotion de la réponse à leurs besoins sociaux, économiques et politiques. Le gouvernement a pour responsabilité de voir à ce que l’enquête publique atteigne dûment les objectifs indiqués dans les Appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation.