Mardi, 6 février 2018

Le Canada a besoin d'un régime d'assurance-médicaments applicable à tous les membres de sa population, quels que soient leur âge, leur revenu et leur lieu de travail ou de résidence. C'est le message transmis au cours d'une conférence de presse donnée sur la colline parlementaire aujourd'hui par des syndicats, des employeurs, des médecins et des personnes retraitées.

Le même message est transmis pendant des réunions tenues aujourd'hui entre plus de 300 représentantes et représentants syndicaux des différentes parties du Canada et plus de 175 ministres, députés et sénateurs.

" Personne ne devrait avoir à choisir entre acheter de la nourriture et acheter les médicaments qui lui sont nécessaires " dit Hassan Yussuff, président du CTC. " Or, 3,5 millions de Canadiennes et Canadiens n'ont pas les moyens d'acheter les médicaments qui leur sont prescrits. " 

" C'est pourquoi les syndicats du Canada mènent une campagne pour l'assurance-médicaments par leur lobbying sur la colline parlementaire aujourd'hui et la tenue d'assemblées publiques dans l'ensemble du pays au cours des prochains mois ", ajoute-t-il.

Anita Huberman, directrice générale de la Chambre de commerce de Surrey, indique les raisons pour lesquelles les employeurs comptent parmi les principaux partisans de l'assurance-médicaments universelle.

" Les employeurs, et particulièrement les petites et moyennes entreprises qui sont le moteur de l'économie canadienne, paient une grande partie du prix de l'insuffisance et de l'inefficacité de l'actuel système public d'assurance-médicaments ", déclare-t-elle. " En raison de la hausse du prix des médicaments, de nombreuses entreprises voient fondre leurs bénéfices et certaines constatent qu'elles n'ont tout simplement pas les moyens d'offrir des régimes d'assurance à leur personnel. "

 

La docteure Monika Dutt, médecin de famille et membre du conseil d'administration de Médecins canadiens pour le régime public, souligne l'effet qu'a sur leur santé le fait que les patients ne prennent pas les médicaments qui leur sont prescrits.

" Un médecin ne peut guère établir un plan de traitement efficace s'il n'est pas sûr que la patiente ou le patient a les moyens de faire exécuter ses ordonnances ou de prendre les médicaments selon ses prescriptions ", dit la Dre Dutt.

Une récente étude menée par les Médecins canadiens pour le régime public et le Centre canadien de politiques alternatives met en lumière les raisons pour lesquelles l'assurance-médicaments universelle est judicieuse du point de vue économique aussi.

" Nos recherches ont révélé que l'instauration d'une assurance-médicaments universelle permettra d'économiser des milliards de dollars par année en éliminant les régimes fédéral, provinciaux et territoriaux actuels, les assurances privées et les sommes que les Canadiennes et les Canadiens individuels doivent payer de leur poche ", ajoute la Dre Dutt. 

Marissa Semkiw, directrice des politiques et des relations gouvernementales de l'ACIR, souligne le fait que les membres de son organisation appuient l'assurance-médicaments universelle.

" Dix pourcent des membres de l'ACIR reconnaissent qu'il leur est arrivé de sauter des doses de médicaments sur ordonnance en raison du coût et 87 % des membres de l'ACIR sont favorables à l'instauration d'une assurance-médicaments pancanadienne ", dit madame Semkiw. " Le Canada est le seul pays développé ayant un système de santé universel qui n'englobe pas un régime universel d'assurance-médicaments sur ordonnance. Il est temps de reconnaître que les deux vont de pair. "

Près de 30 000 Canadiennes et Canadiens ont signé la pétition du CTC appelant à l'instauration d'un régime universel d'assurance-médicaments depuis le lancement de sa campagne le jour de la fête du Travail. Au cours des quelques prochains mois, le CTC tiendra dans plus de 25 communautés canadiennes des assemblées publiques mettant en vedette les plus éminents spécialistes et partisans de l'assurance-médicaments pancanadienne