Bogota cityscape

Vendredi, 3 février 2017

Voici des années que les syndicats colombiens dénoncent avec force les violations des droits des travailleuses et des travailleurs et des droits de la personne dans le pays.

Aujourd’hui, un nouveau rapport légitime les revendications que font valoir depuis longtemps les syndicats colombiens sur la violation de leurs droits à organiser et négocier collectivement. Le rapport a été publié par le Bureau administratif national (BAN), en réponse à une demande conjointe du Congrès du travail du Canada et de cinq syndicaux colombiens partenaires concernant la non-conformité en vertu de l’Accord Canada-Colombie de coopération dans le domaine du travail (ACTCC) figurant dans l’Accord de libre-échange Canada-Colombie.

« En Colombie, les dirigeantes et dirigeants syndicaux ainsi que les militantes et militants ont pris de grands risques en tentant d’exercer leurs droits fondamentaux. Il est important que ce rapport reconnaisse enfin le climat d’hostilité, d’intimidation et de menaces prévalent que subissent les syndicats », a déclaré Hassan Yussuff, président du Congrès du travail du Canada.

Le rapport a recueilli de nombreuses preuves de l’incapacité du gouvernement de la Colombie à respecter ses obligations en vertu de l’ACTCC et a confirmé les revendications émises depuis longtemps sur les actes de violence et d’intimidation visant à restreindre la liberté d’association et de négociation collective des travailleuses et des travailleurs.

Le CTC salue les recommandations du rapport appelant à instaurer des procédures d’investigation et juridiques rapides et efficaces pour mieux lutter contre les abus et les auteurs de violences envers les dirigeantes et dirigeants syndicaux et les militants. Plus important encore, le rapport recommande un examen critique et indépendant du rôle de la police anti-émeute colombienne, l’ESMAD, dont les actions ont été internationalement critiquées pour usage excessif de la force.

Le rapport contient d’autres recommandations majeures : mesures favorisant la liberté d’association et la négociation collective; amélioration de la législation du travail; renforcement du respect et de l’application du droit du travail; moyens à fournir aux inspecteurs du travail pour éliminer l’abus d’intermédiation dans le marché du travail.

À présent que le rapport confirme les problèmes soulevés par les syndicats colombiens et canadiens, le CTC presse la ministre du Travail Patty Hajdu d’agir rapidement et d’organiser des consultations avec son homologue colombien.

« Les syndicats colombiens et canadiens sont prêts à s’associer à la mise en œuvre des recommandations », a déclaré Hassan Yussuff. « Nous serions heureux de travailler avec les deux gouvernements à la recherche de solutions et au développement d’un dialogue social stable et juste en Colombie. »