Lundi, 29 janvier 2018

C’est avec une profonde tristesse que je repense à l’attentat tragique survenu au Centre culturel islamique de Québec le 29 janvier l’année dernière.
 
Je ne peux pas m’imaginer ce que ce serait d’être dans un lieu sain et que la quiétude qui règne dans ce lieu soit détruite par un homme armé, décidé à tuer autant de personnes qu’il le pouvait.
 
Mes pensées et prières accompagnent ceux qui ont perdu des êtres chers cette nuit-là, les familles de Aboubakr Thabti, de Mamadou Tanou Barry, d’Ibrahima Barry, de Khaled Belkacemi, d’Azzedine Soufiane et d’Abdelkarim Hassane. Je pense aux dix-sept enfants qui n’auront plus leur père dans leur vie. Je pense à leurs conjointes qui ont perdu leur partenaire de vie. C’est vraiment bouleversant et inimaginable.
 
Je pense également aux dix-neuf autres hommes qui ont été blessés ce soir-là. L’un de ces hommes se nomme Aymen Derbali, et son histoire est désormais largement connue. Aymen s’est délibérément placé dans le champ de vision du tireur pour détourner son attention de ses compagnons fidèles. Il a été atteint de sept balles - dont deux sont toujours logées dans sa colonne vertébrale. Il est un héros canadien. Je suis profondément inspiré par sa détermination à reconstruire sa vie, bien qu’il fait face à de nombreux défis et obstacles, car il ne pourra jamais plus marcher.
 
La communauté musulmane de Québec est encore aux prises avec cette tragédie; une telle perte est évidemment profondément traumatisante et comporte des conséquences à court et à long terme.

Je souhaite exprimer mon engagement personnel à lutter contre les attitudes qui mènent à la haine et à l’intolérance de toute sorte. C’est pourquoi le Congrès du travail du Canada s’est joint à l’appel pour une journée nationale de commémoration et d’action sur l’islamophobie. Les syndicats du Canada continueront de travailler avec le Conseil national des musulmans canadiens, et d’innombrables autres organisations, pour que cela se produise.

Je crois que chacun d’entre nous a la responsabilité de prendre la parole chaque fois que nous entendons ou voyons des comportements haineux : dans nos lieux de travail, dans nos rassemblements sociaux, dans toute autre interaction quotidienne et en ligne.
 
L’islamophobie est belle et bien réelle. Nous devons la lutter et y mettre fin, ensemble. N’oublions jamais le 29 janvier.

- Hassan Yussuff, Président du CTC