Une image de femmes qui défilent lors de la marche des femmes de 1995, tenant une banderole avec le slogan « du pain et des roses ».

Les Québécoises marchent pour « du pain et des roses »

La première Marche pour du pain et des roses, initiative de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), a commencé le 26 mai 1995. Au fil de 10 journées, plus de 800 Québécoises parties de Montréal, Longueuil et Rivière-du-Loup ont convergé sur Québec pour y présenter au gouvernement neuf revendications de lutte contre la pauvreté.

En 1994, Françoise David a pris la direction de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) avec la mission de faire avancer la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Pour faire pression sur le gouvernement nouvellement élu de Jacques Parizeau, madame David a organisé une marche massive, placée sous le thème « du pain et des roses ». Le pain symbolise le travail et de meilleures conditions économiques et les roses symbolisent une meilleure qualité de vie. Ce thème rendait délibérément hommage aux personnes qui ont participé à la grève du textile de 1912 à Lawrence, au Massachusetts, laquelle était dirigée par des femmes et a inspiré des générations de recruteurs syndicaux et de personnes militant pour la justice sociale.

Madame David prévoyait que la marche rallie l’appui du public à l’égard d’une liste de revendications qui comprenaient la hausse du salaire minimum, l’adoption d’une législation sur l’équité salariale, le gel des frais de scolarité, l’augmentation des soutiens sociaux et l’amélioration de la perception des pensions alimentaires.

À partir du 26 mai 1995, des femmes des différentes parties du Québec ont passé dix journées à marcher vers la capitale provinciale. Elles ont franchi 57 villages et suivi trois itinéraires différents à partir de Montréal, Longueuil et Rivière-du-Loup. Plus de 800 femmes ont participé à la marche pendant plus d’une journée, y compris 525 femmes qui ont parcouru les 250 kilomètres de Montréal à Québec. Elles ont convergé sur un rassemblement tenu devant le siège de l’assemblée législative de la province le 4 juin.

Le gouvernement a accédé à la plupart des revendications des marcheuses d’une manière ou d’une autre, ce qui a mis le Québec loin devant les autres provinces dans bon nombre de dossiers allant de l’équité salariale aux services de garde à l’enfance.

La chanson thème de la marche, Du pain et des roses, composée par Hélène Pedneault et Marie-Claire Séguin, demeure un hymne des mouvements syndicaux du Québec et du Canada.

La solidarité manifestée pendant la marche a inspiré la Marche mondiale des femmes qui se poursuit depuis en tant que projet international destiné à améliorer la vie des femmes du monde entier. L’accent qu’elle met sur l’élimination de la pauvreté et de la violence à l’égard des femmes a favorisé la solidarité et posé les bases des travaux que de nombreux syndicats du Canada poursuivent à l’heure actuelle.