Qui risque le plus de faire l’objet de violence conjugale?

Toute violence conjugale est dommageable. Bien que les hommes comme les femmes puissent être des victimes de violence conjugale, les victimes sont le plus souvent des femmes et les agresseurs sont le plus souvent des hommes. Les femmes sont les victimes qui courent le plus souvent des risques élevés, qui subissent les blessures les plus graves et qui sont les plus susceptibles de mourir par suite de la violence conjugale.

Certaines femmes sont plus vulnérables que les autres ou doivent surmonter plus d’obstacles pour accéder aux services ou soutiens pour les victimes de violence conjugale. Les femmes autochtones sont de 5 à 7 fois plus susceptibles de mourir par suite de la violence que les femmes non autochtones. 60 % des femmes ayant un handicap font l’objet de violence, et les femmes de 15 à 24 ans comptent pour la majeure partie des cas de violence signalés à la police. Les immigrantes et les femmes des collectivités rurales courent des risques élevés parce qu’elles n’ont pas accès à des ressources. Au Canada, les travailleurs et les travailleuses qui s’identifient en tant que transgenres signalent plus de violence conjugale en une vie que ceux qui ne sont pas transgenres.

Quels sont les indices selon lesquels une personne peut être victime de VC?

Les indices selon lesquels une personne peut être victime de violence conjugale comprennent le fait qu’elle :

  • Présente des blessures physiques telles que fractures des os, des yeux au beurre noir, des bleus ou une perte de l’ouïe qu’elle attribue peut-être à des « accidents » ou à la « maladresse »
  • Porte des vêtements qui ne sont pas appropriés à la saison (comme des manches longues, un col roulé pendant l’été ou porte des lunettes de soleil à l’intérieur)
  • Commence subitement à s’absenter ou à arriver en retard plus souvent ou à effectuer des heures supplémentaires pour ne pas être à la maison
  • Subit une baisse de rendement parce qu’elle commet des erreurs, est lente ou a du mal à se concentrer
  • Présente des signes inhabituels d’anxiété et de peur
  • Demande des mesures d’adaptation spéciales telles que la permission de quitter le travail plus tôt que d’habitude
  • Agit en général de manière à s’isoler et à passer inaperçue
  • Manifeste des signes de détresse émotionnelle comprenant la tristesse, la dépression ou des pensées suicidaires
  • Minimise ou nie le harcèlement ou les blessures
  • Reçoit des appels téléphoniques excessifs et hésite à répondre à ses messages téléphoniques. Il se peut que des collègues de travail entendent ou voient des messages insultants adressés à la victime
  • Est susceptible au sujet de sa vie familiale ou de toute insinuation qu’elle a de la difficulté à la maison
  • Craint de perdre son emploi
  • Reçoit des cadeaux (tels que des fleurs) après ce qui semble avoir été une dispute de couple
  • Consomme de l’alcool ou d’autres drogues pour oublier

Ces indices peuvent vous aider à orienter votre intuition et à poser des questions. Ne tirez pas de conclusions hâtives. Même si vous croyez qu’une personne est une victime de VC d’après les indices, cela ne signifie pas nécessairement qu’elle vit une relation de violence. Servez-vous de la liste d’indices pour engager un dialogue avec la personne en question.

Conversation pour voir, nommer et vérifier

Quand vous parlez à un membre, vous pouvez recourir à une procédure à trois étapes consistant à voir, nommer et vérifier :

  1. Voir – connaissez les indices et traitez vos soupçons et vos sujets d’inquiétude sérieusement.
  2. Nommer – nommez les indices en tant que sujets d’inquiétude. Tenez-vous en toujours aux faits. Un bleu ne découle pas nécessairement de violence conjugale. Vous pourriez dire, par exemple, « J’ai vu tes bleus », « J’ai entendu des cris » ou « Je me soucie de toi ».
  3. Vérifier – posez des questions telles que « Ça va, toi? » et confirmez vos hypothèses selon lesquelles le membre fait ou non l’objet de violence. Rappelez-vous qu’il peut être très difficile au membre de répondre à vos questions, et soyez patient et permettez au membre de sentir qu’il a encore le contrôle de la conversation.

Voici des exemples de conversations VNV :

« J’ai remarqué que tu arrivais au travail en retard plus souvent dernièrement. Y a-t-il quelque chose qui te chicote? »
« Tu avais l’air ébranlée après cet appel téléphonique, aujourd’hui. Je m’inquiète de toi. Est-ce que ça va? »
« J’ai entendu ton conjoint te crier après au téléphone aujourd’hui. Est-ce que ça va? Veux-tu qu’on parle? »

Les conversations sont destinées NON PAS à ce que vous vous posiez en thérapeute, mais bien à ce que vous exprimiez votre inquiétude et ouvriez la porte au soutien. Les conversations VNV sont les plus efficaces dans un contexte privé, comme par exemple dans un bureau dont la porte est fermée ou à un endroit où d’autres ne peuvent pas voir ou entendre la conversation.

Quels sont les indices selon lesquels une personne peut avoir un comportement violent?

Quand une personne a un comportement violent à la maison, il se peut qu’elle ne soit pas reconnue en tant qu’agresseur au travail. Les indices courants de comportement conjugal violent comprennent les suivants :

  • Rabaisser sa partenaire
  • Dominer les conversations
  • Prendre trop souvent des nouvelles de sa partenaire
  • Laisser entendre que c’est lui la victime
  • Isoler la victime
  • Agir comme si sa partenaire lui appartenait
  • Mentir pour se faire valoir

Les indices de comportement violent au travail comprennent les suivants :

  • Absences ou retards en raison d’un conflit à la maison
  • Communiquer à maintes reprises avec sa partenaire pendant le travail
  • Intimider d’autres personnes au travail
  • Blâmer d’autres personnes (et particulièrement sa partenaire) de ses problèmes
  • Nier avoir des problèmes, en général
  • Se mettre sur la défensive quand on le confronte et ne pas supporter la critique
  • Agir à la maison comme s’il était supérieur aux autres
  • Contrôler les activités de son actuelle ou ancienne partenaire

Quand une situation présente-t-elle un risque élevé?

Comme certaines personnes courent des risques plus élevés que les autres, certaines situations peuvent donner lieu à une violence conjugale particulièrement dangereuse.

Les facteurs de risque élevé comprennent le fait que l’agresseur :

  • Ait accès aux enfants
  • Ait accès à une arme
  • Ait des antécédents de comportement violent
  • Fasse preuve d’un comportement obsessif
  • Menace de blesser ou de tuer la victime si elle tente de le quitter
  • Menace de causer du tort aux enfants, aux animaux de compagnie ou aux biens de la victime
  • Ait menacé de se tuer
  • Ait frappé ou tenté d’étrangler la victime
  • Voie sa vie changer considérablement (parce qu’il a perdu son emploi ou vit une séparation ou une dépression, par exemple)
  • Soit convaincu que la victime a un autre partenaire sentimental
  • Blâme la victime parce que sa vie change en pire
  • Refuse tout soutien et toute aide
  • Surveille les actions, des appels téléphoniques, les messages de courriel et les messages texte de la victime ou la suit en public
  • Soit en chômage
  • Consomme couramment de l’alcool ou d’autres drogues
  • Fasse fi de la loi
  • Ait tenté d’isoler la victime de ses amis ou parents

Une victime peut aussi courir un grave danger si elle :

  • Vient de se séparer d’un agresseur ou projette de s’en séparer
  • Craint pour sa vie ou celle de ses enfants
  • N’arrive pas à voir que la relation pose un problème ou présente un risque
  • Se dispute la garde des enfants ou a eu des enfants avec une autre personne
  • Entretient une autre relation
  • N’a pas accès à un téléphone ou à un ordinateur privé
  • Doit surmonter d’autres obstacles tels que le fait de ne pas parler le français ou de ne pas avoir sa citoyenneté canadienne
  • N’a aucun parent ou ami proche

Plus une situation comporte des facteurs de risque, plus le danger est élevé. Si une situation présente un facteur de risque, demandez conseil à un expert pour procéder à une planification de la sécurité et encouragez la victime à demander à un refuge local pour femmes ou à la police de procéder à une évaluation des risques.