Les syndicats du Canada jouent un rôle crucial dans les négociations de l’OIT sur la violence au travail

11 juin 2019

L’Organisation internationale du Travail (OIT) marquera son centième anniversaire cette année. Des représentants des syndicats, des gouvernements et des employeurs tiendront une réunion ce mois-ci dans le cadre de la 108e session de la Conférence internationale du Travail qui aura lieu à Genève.

Marie Clarke Walker, secrétaire-trésorière du Congrès du travail du Canada (CTC), est la porte-parole des travailleurs au sein de l’OIT et continuera à donner le pas au renforcement des obligations afin de mettre fin à la violence et au harcèlement au travail.

Des personnes représentant les 188 pays membres de l’OIT se rassembleront du 10 au 22 juin 2019 pour négocier la Déclaration du centenaire de l’OIT. Le centenaire de l’OIT donne une importante occasion non seulement de commémorer et de célébrer l’histoire et les réalisations de l’OIT mais aussi de réaffirmer son mandat de justice sociale. Les travailleurs et les travailleuses réclament un nouveau contrat social qui garantit des conditions équitables à tous afin de modifier l’actuel modèle de mondialisation qui fait passer les profits avant les travailleurs et les travailleuses. Placé sous le thème de « l’avenir du travail », l’événement vise à répondre aux facteurs mondiaux du changement, y compris la politique économique mondiale, les changements climatiques et la technologie.

Cette année, les discussions donneront lieu à l’établissement d’une Convention et d’une Recommandation précises destinées à mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail. Il s’agira d’une convention juridiquement contraignante à l’échelle internationale qui, une fois qu’ils l’auraient ratifiée, engagerait les pays membres de l’OIT à mettre en œuvre la convention dans leurs lois et pratiques nationales tandis que la recommandation donnerait des précisions sur son application. Les personnes représentant les travailleuses et les travailleurs réclament des dispositions garantissant le droit de toute personne à un milieu de travail dénué de violence et de harcèlement. Un des objets prioritaires sera la violence fondée sur le sexe, ce qui témoigne des inégalités actuelles entre les sexes dans le monde du travail et du fait que la plupart des victimes de violence et de harcèlement sont des femmes.

Marie Clarke Walker, du CTC, a été nommée l’année dernière pour un mandat de deux ans au poste de porte-parole des travailleurs au sein de la Commission normative de l’OIT. Son rôle est celui de négociatrice principale représentant les travailleuses et les travailleurs. Deux semaines de discussions intensives auront lieu en vue d’arriver à un consensus des parties intéressées au sujet du texte des nouveaux instruments pour l’élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail.

« Il ne saurait y avoir de travail décent tant qu’il y aura de la violence au travail », déclare madame Clarke Walker. « Peu de pays assurent une protection contre la violence, et particulièrement la violence fondée sur le sexe, en milieu de travail. Une Convention et une Recommandation fortes de l’OIT seraient d’importants instruments pour reconnaître et combler cette lacune. »

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