Un seul, c’est un de trop : personne ne devrait mourir pour leur travail

26 avril 2019

Le 28 avril est le Jour de deuil national, la journée de commémoration des personnes qui sont mortes ou qui ont été blessées en raison de leur travail. Cette année, les syndicats du Canada demandent aux employeurs et aux gouvernements de faire davantage pour protéger les travailleurs et travailleuses.

« Un seul décès attribuable au travail, c’en est déjà un de trop. Les travailleurs et travailleuses méritent de rentrer à la maison en toute sécurité à la fin de leur journée de travail. Personne ne devrait mourir pour leur travail », a déclaré Hassan Yussuff, président du Congrès du travail du Canada (CTC). « Pourtant, il y a eu près de mille décès au travail signalés au Canada en 2017, et de récentes recherches indiquent que ces statistiques sur les blessures, les accidents et les maladies attribuables au travail ne sont que la partie émergée de l’iceberg », poursuit M. Yussuff. Les chiffres officiels ne comprennent que les demandes d’indemnisation approuvées, et ne tiennent pas compte des maladies et des décès qui ne sont pas signalés ou pour lesquels les demandes ont été refusées, ou les travailleurs qui ne sont pas couverts par un système d’indemnisation des accidents du travail.

Les travailleurs et travailleuses ont besoin que la législation en matière de santé et de sécurité soit mieux appliquée, ainsi que les dispositions Westray du Code criminel du Canada. Les employeurs doivent investir dans des outils de prévention qui ont fait leurs preuves, y compris des comités de santé et de sécurité habilités et bien formés.

Malheureusement, des gouvernements provinciaux de tout le pays – comme l’Ontario et le Manitoba – affaiblissent les dispositions sur la santé et la sécurité au lieu de travailler pour les renforcer. L’Ontario a annoncé un changement dans ses exigences en matière de certification de base en santé et sécurité, faisant passer la norme actuelle d’un cours de trois jours en classe avec instructeur à un cours en ligne d’une journée. Le Manitoba a apporté des modifications à sa législation sur la santé et la sécurité au travail en éliminant le poste de conseiller principal en prévention et en ajoutant un délai de six mois pour le dépôt d’une plainte par un travailleur ou une travailleuse. Il a également donné de nouveaux pouvoirs à un directeur du travail en vertu desquels il peut rejeter des plaintes sans d’abord avoir lancé une enquête.

« Le gouvernement fédéral précédent a affaibli la définition de danger dans le code du travail sans aucune consultation. Le droit de refuser un travail dangereux constitue souvent le dernier moyen de protection », a déclaré M. Yussuff. « Ce gouvernement doit rétablir la définition précédente, qui a été élaborée en consultation avec les travailleurs et les employeurs. »

Les syndicats du Canada ont également demandé au gouvernement fédéral de mieux protéger les travailleurs et travailleuses. Cela signifie qu’il doit rétablir la définition de danger que comprenait la partie II du Code canadien du travail avant 2014 afin d’inclure le droit de refuser un travail dangereux; recruter et former un plus grand nombre d’agents fédéraux de santé et de sécurité; et mettre en œuvre les lois que nous avons, y compris les exigences législatives en matière de santé et de sécurité au travail et la loi Westray.

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