Trouver des ressources communautaires

12 mai 2017

De nombreux organismes offrent des services de consultation et de soutien. Les médecins de famille peuvent aussi fournir beaucoup d’information.

Voici quelques autres suggestions pour trouver de l’aide :

  • Le service 211 est proposé dans certaines provinces et un territoire. Il met la personne en relation avec des services de santé et des services sociaux publics et communautaires. On peut accéder au service en composant le 211. C’est gratuit et confidentiel. On peut également chercher en ligne à l’adresse http://211.ca/
  • La division provinciale ou territoriale de l’Association canadienne pour la santé mentale devrait avoir une liste de ressources. On peut trouver les coordonnées de la division provinciale ou territoriale de l’ACSM ici :http://www.cmha.ca/fr/participez/trouver-votre-filiale-locale-/
  • Les organisations de défense et de soutien s’occupent de maladies mentales spécifiques. Nombre d’entre elles dirigent aussi des groupes de soutien, tant pour les proches/aidants naturels que pour les personnes ayant des problèmes de santé mentale. Il faut consulter les chapitres provinciaux ou locaux d’organisations nationales telles la Société canadienne de schizophrénie, la Société pour les troubles de l’humeur du Canada, le National Eating Disorder Information Centre ou l’Organization for Bipolar Affective Disorders Society.
  • Les cliniques spécialisées organisent souvent des groupes de soutien. Le membre peut contacter les cliniques d’hôpital, telles que celles qui traitent les troubles de l’alimentation, les psychoses, la dépression, l’anxiété ou les problèmes de dépendance. Certaines d’entre elles peuvent accepter des personnes qui ne sont pas patients de la clinique. Si ces cliniques n’ont pas de groupes de soutien, elles peuvent orienter le membre vers d’autres ressources.
  • Les autorités sanitaires locales organisent parfois des groupes de soutien ou des cours sur vivre avec une maladie mentale ou comment aider les personnes qui en souffrent.
  • La plupart des provinces ont des programmes de soutien par les pairs où l’on peut discuter avec d’autres personnes qui ont eu des problèmes de santé mentale.
  • Il existe également des organisations qui s’adressent à des segments précis de la population ─ par exemple, les jeunes qui souffrent d’une maladie mentale.

Si un membre a besoin de s’absenter du travail

Travailler lorsqu’on souffre de problèmes de santé mentale peut être très difficile. Cela peut également avoir d’autres conséquences sur le lieu travail. Si, par exemple, la personne se sent déprimée et débordée, elle réagit peut-être plus lentement ou prend encore plus de retard dans son travail. Ou elle peut tout simplement être incapable d’assumer ses tâches habituelles.

Il est important d’informer les membres sur leurs droits concernant les congés maladie, les congés d’invalidité de courte durée ou les prestations d’invalidité de longue durée en vertu de leur convention collective. En fonction des dispositions de la convention collective et des politiques de l’employeur, il est également utile de préciser quel type de note médicale les membres doivent présenter pour bénéficier de ces congés.

Si la convention collective ne prévoit pas de congés maladie ou d’invalidité de courte durée et si le membre doit s’absenter, conseillez-lui de faire une demande de prestations de maladie de l’assurance-emploi. Les prestations de maladie de l’AE couvrent les individus pendant une durée allant jusqu’à 15 semaines en cas d’incapacité temporaire à travailler pour raisons de maladie, y compris les maladies mentales. Vous trouverez des informations sur les demandes de prestations de maladie ici : https://www.canada.ca/fr/services/prestations/ae/assurance-emploi-maladie/admissibilite.shtml 

Beaucoup de travailleuses et de travailleurs pensent devoir informer l’employeur des raisons pour lesquelles ils demandent des congés. Les personnes ont le droit de garder leur diagnostic confidentiel, mais vous devrez leur expliquer qu’il leur faudra informer l’employeur d’éventuelles limitations à leur retour au travail. Deux exemples : 1) la personne est très fatiguée et a besoin qu’on réduise temporairement ses heures de travail; 2) la personne a du mal à se concentrer dans un environnement bruyant et elle a temporairement besoin d’un endroit tranquille pour travailler.

L’obligation d’adaptation et l’indemnisation des travailleurs

En vertu du droit canadien, les employeurs doivent faire tous les efforts raisonnables pour mettre en place des mesures d’adaptation pour les travailleuses et les travailleurs ayant un handicap, y compris en cas de maladie mentale.

Le membre que vous aidez peut avoir besoin de mesures d’adaptation pour pouvoir continuer de faire son travail. Certaines personnes auront besoin de mesures d’adaptation permanente, mais de nombreuses personnes ayant des problèmes de santé mentale n’auront besoin que de mesures temporaires pour faciliter leur retour au travail. Il est également important de se rappeler que les maladies mentales sont souvent de nature épisodique : les personnes atteintes de dépression ne sont pas toujours tristes, tout comme celles souffrant d’autres maladies mentales n’ont pas toujours des symptômes. Certains membres ayant une maladie mentale pourront avoir temporairement besoin de mesures d’adaptation et ne plus en avoir besoin de nouveau pendant des années.

En vertu de la législation sur la vie privée, les membres n’ont pas à divulguer leur diagnostic précis à l’employeur. Vous devez travailler avec votre membre et son médecin pour expliquer à l’employeur quels sont les besoins spécifiques de la personne et les limitations pouvant avoir une incidence sur son travail. Le membre devra sans doute se procurer une lettre du médecin stipulant ses besoins et ses limitations.

Selon l’employeur, parler de ce genre de problème peut être parfois difficile, surtout si l’on est en phase de guérison. Défendre les droits du membre et l’aider à parler à l’employeur est une partie essentielle du rôle des déléguées et délégués.

Les employeurs ont la responsabilité et l’obligation juridiques de mettre en place des mesures d’adaptation pour les travailleuses et les travailleurs. Le syndicat et la travailleuse ou le travailleur ont également des responsabilités; le délégué ou la déléguée peut aider un membre à comprendre quelles sont ses responsabilités et à communiquer clairement à l’employeur quelles sont les mesures d’adaptation nécessaires.

Quatre exemples de mesures d’adaptation :

Disons que le membre souffre d’anxiété et que cela affecte son travail. La personne n’est pas obligée de mentionner son diagnostic à l’employeur. Mais elle doit lui fournir suffisamment d’informations sur ses besoins et limitations pour mettre en place des mesures d’adaptation. Son médecin pourrait indiquer ce dont elle a temporairement besoin :

  1. La personne est très fatiguée et il lui faudra donc un retour au travail progressif,
  2. Elle supporte moins bien le stress actuellement et il va donc falloir la relever temporairement de certaines de ses tâches les plus stressantes,
  3. La personne a du mal à se concentrer actuellement et doit donc temporairement travailler sur des projets à long terme au lieu de projets avec des délais très courts,
  4. Elle a parfois besoin de faire une pause si elle travaille dans un environnement bruyant, il faudra donc lui donner accès à un espace calme plusieurs fois par jour, quand elle en aura besoin.

Des mesures d’adaptation conçues sur ces modèles peuvent permettre au membre de rester dans son emploi actuel, tout en ne divulguant pas son diagnostic. Vous pouvez trouver d’autres suggestions de mesures d’adaptation pour des problèmes de santé mentale sur le site http://askjan.org/media/Psychiatric.html

Indemnisation des accidents du travail

La plupart des personnes ayant une maladie mentale ou des troubles mentaux peuvent bénéficier de mesures d’adaptation en vertu de la loi sur l’obligation d’adaptation. Un incident ou une série d’incidents sur le lieu de travail peut déclencher chez certains travailleurs et travailleuses une maladie mentale telle que l’ÉSPT ou sérieusement aggraver une maladie mentale existante. Dans certaines provinces, il existe à présent une couverture d’indemnisation spécifique pour certains travailleurs souffrant d’ÉSPT. Si le membre se trouve dans un cas semblable, il doit vous en parler ou en parler à une représentante ou un représentant syndical qui l’aidera à déterminer s’il y a lieu de déposer une demande d’indemnisation pour maladie professionnelle. Dans certaines provinces, il existe également un système d’indemnisation en cas de violence, de harcèlement, de stress ou d’atteinte au bien-être psychologique en milieu de travail. Si ces facteurs jouent un rôle important dans la situation de votre membre, déposer une demande d’indemnisation pour accident du travail peut être légitime.

La représentation des membres ayant des problèmes de santé mentale est actuellement en pleine évolution. Dans 5 ou 10 ans, la situation sera différente de ce qu’elle est aujourd’hui. Les bonnes pratiques en termes de représentation des membres continueront d’évoluer. Les syndicats devront rester à l’écoute des membres ayant un problème de santé mentale et continuer d’améliorer leur représentation à l’avenir.

Lien à la section sur l’ÉSPT