Les syndicats du Canada condamnent la violence en Colombie

11 mai 2021

Les syndicats du Canada sont solidaires des centaines de milliers de travailleurs et travailleuses et de citoyens colombiens qui manifestent pacifiquement depuis le déclenchement le 28 avril d’une grève générale contre la réforme fiscale. La réforme aurait une incidence disproportionnée sur les populations les plus pauvres en éliminant les subventions sur certains services publics, en imposant les prestations de retraite et en gelant les salaires du secteur public.

Le gouvernement colombien a réagi par un usage excessif de la force lorsque l’armée et la police sont intervenues en utilisant de façon généralisée des armes à feu, des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène contre les manifestants. Au 6 mai, les groupes de défense des droits de la personne avaient signalé la mort violente de 37 personnes, 1 708 cas d’utilisation abusive de la force, 26 victimes de blessures aux yeux, 234 victimes de violence physique et 934 détentions arbitraires.

Que le président Iván Duque ait été forcé de retirer le plan de réforme fiscale régressif est une victoire pour les citoyens pauvres et de classe moyenne et les manifestants de la société civile, mais cela n’exempte pas pour autant le gouvernement de la Colombie de sa responsabilité pour la violence et de son obligation de tenir pour responsables les auteurs des violations à l’égard des droits de la personne.

Les syndicats du Canada condamnent cette violence et appuient les demandes légitimes du peuple colombien pour :

  • La démilitarisation des zones urbaines et des villes.
  • Le démantèlement de l’unité antiémeute des forces policières nationales colombiennes (connu par son acronyme ESMAD en espagnol).
  • Des sanctions pour les personnes responsables de la répression brutale contre les manifestants.
  • Des garanties en ce qui concerne le droit de manifester pacifiquement.
  • L’ouverture de négociations sur le Plan d’urgence unifié avec le Comité national de grève.

Les travailleuses et travailleurs de partout méritent de vivre et de travailler avec dignité et d’exercer leurs droits sans crainte de représailles et de répression par l’État.