Mois de l’histoire des Noirs : les syndicats exigent une intervention contre le racisme environnemental
Les syndicats du Canada marquent le Mois de l’histoire des Noirs en appelant à l’élimination du racisme environnemental.
Selon un rapport (en anglais seulement) de 2020 du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les substances toxiques et les droits de l’homme, les politiques et les lois du Canada ayant trait aux substances dangereuses et aux déchets sont empreintes d’une discrimination répandue. Ce rapport indique qu’il « existe une tendance selon laquelle les groupes marginalisés, et particulièrement les peuples autochtones, vivent dans des conditions toxiques qui ne seraient pas acceptables ailleurs au Canada ». Cette tendance est qualifiée de racisme environnemental, et celui-ci a une longue histoire au Canada.
Les personnes habitant des communautés de la Nouvelle-Écosse d’ascendance africaine telles qu’Africville, Shelburne et Lincolnville en ont fait l’objet (en anglais seulement) — exposées aux réseaux d’égouts, décharges, déchets toxiques et autres polluants placés dans leur collectivité.
Il ne s’agit pas que d’une partie de notre histoire. Le racisme environnemental découle d’iniquités structurales profondes et durables qui n’ont laissé que peu de ressources et de protections à certaines communautés pendant des générations. Les travailleuses et travailleurs et les communautés noirs vivent encore les conséquences de décisions sur les politiques économiques et sociales ancrées dans le racisme systémique qui ont accru leur exposition à des risques environnementaux.
Il arrive souvent que les décisions sur les politiques négligent les coûts environnementaux, sociaux et économiques à long terme pour les communautés qu’elles influencent le plus. Cela a eu pour résultat que les communautés de personnes noires, autochtones, racialisées et marginalisées ont des taux d’exposition à la pollution et à la contamination plus élevés que les autres, ce qui leur a causé de graves préjudices et a réduit leur espérance de vie. Ces communautés paient le prix élevé de politiques injustes influant sur l’accès à l’emploi, aux revenus, aux logements et aux soins de santé.
« Les changements climatiques ne font qu’approfondir les injustices du racisme environnemental, et bien que tous les travailleurs et travailleuses en sentent de plus en plus les effets, ils ne les subissent pas tous également. Les travailleuses et travailleurs noirs font en outre l’objet d’iniquités structurales de longue date, y compris la discrimination et le racisme anti-Noirs et l’inégalité des revenus qui en découle. Cela rend les travailleuses et travailleurs noirs plus vulnérables à tous les éléments de la crise climatique — tant au travail qu’à la maison », a déclaré Larry Rousseau, vice-président exécutif du CTC.
L’établissement de la toute première Stratégie nationale relative au racisme environnemental et à la justice environnementale au gouvernement fédéral offre une occasion historique d’apporter un changement durable en s’assurant que les travailleuses et travailleurs et les communautés noirs ainsi que les travailleuses et travailleurs et les communautés autochtones et racialisés soient bien consultés, en affectant suffisamment de fonds à des solutions dirigées par la communauté, en investissant dans la protection et la création de bons emplois syndiqués durables grâce à l’assortiment des solutions à de fortes protections en matière de santé et de sécurité au travail, en répondant à des besoins pressants en même temps qu’on s’attaque au racisme environnemental systémique, et en recueillant et utilisant des données désagrégées sur la race afin d’établir une bonne politique tenant bien compte des risques et des inégalités structurales.
La survie et le bien-être des travailleuses et travailleurs noirs dépend de l’équité de l’accès à de bons emplois sécuritaires et des mesures prises par le gouvernement pour s’attaquer aux causes fondamentales de l’inégalité des revenus et de la crise climatique. Participez à notre appel à l’action en envoyant sans tarder une lettre à la ministre de l’Environnement, du Changement climatique et de la Nature et en incitant le gouvernement à agir rapidement pour établir et déposer une stratégie nationale et combattre le racisme environnemental dont font l’objet les travailleuses et travailleurs et les communautés noirs.
Et inscrivez-vous pour apprendre, vous impliquer et recevoir des mises à jour au sujet de notre campagne Travailler pour l’avenir, axée sur les travailleuses et travailleurs et visant à instaurer un avenir durable, équitable et à l’épreuve des changements climatiques!