Février est le Mois du patrimoine africain

1 février 2015

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Le Mois du patrimoine africain est particulièrement important cette année pour deux raisons : l’Organisation des Nations Unies (ONU) a annoncé que 2015-2024 sera la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine et le prochain Mois du patrimoine africain marquera le lancement d’une décennie de plaidoyer politique partout sur la planète.

Pendant ce temps au Canada, les élections fédérales qui auront lieu cette année présenteront une réelle occasion pour la communauté noire de contester le bilan des partis en matière de politiques sociales et économiques et leurs programmes électoraux. Avec l’élection qui approche à grands pas cette année, nous avons identifié quatre questions clés qui préoccupent la communauté noire : les emplois, la sécurité des retraites, les soins de santé et les services de garde d’enfants. Ce mois-ci, nous mettrons l’accent sur l’emploi et la précarité du revenu dans la communauté noire. Les travailleuses et travailleurs de la communauté demanderont au gouvernement fédéral et à tous les partis politiques fédéraux d’expliquer comment leur stratégie nationale sur l’emploi et la formation offrira des possibilités de bons emplois aux travailleuses et travailleurs noirs et contribuera au développement économique et social du Canada.

Il n’est pas acceptable qu’en 2011, 13,2 % des travailleuses et travailleurs racialisés occupaient des emplois au salaire minimum, par rapport à 9 % pour l’ensemble de la population active. Parmi les nouveaux immigrants et immigrantes, appartenant souvent à des communautés racialisées, 19,1 % travaillent au salaire minimum. C’est plus du double du taux de l’ensemble de la main-d’œuvre. Plus de 30 % des immigrants qui exercent un travail autonome indiquent qu’ils le font en raison d’une pénurie de travail rémunéré. Chez les personnes nées au Canada, le taux de travailleuses et travailleurs autonomes est moindre, soit 20 %.

Le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) du gouvernement fédéral fait venir au Canada des milliers de travailleuses et travailleurs migrants des Caraïbes pour occuper des emplois d’ouvriers agricoles saisonniers ou d’aides familiaux résidants. Les derniers changements apportés par le gouvernement fédéral auront des conséquences négatives sur ces travailleuses et travailleurs de communautés d’ascendance africaine, en restreignant l’accès au statut de résident permanent et aux prestations de santé.

Le travail des syndicats canadiens à la table de négociation et au niveau politique fait partie de notre engagement à améliorer la vie des travailleuses et des travailleurs et à l’effort collectif d’édification de notre pays. Statistique Canada prévoit que d’ici 2020, sous l’effet de l’évolution démographique, nous serons dépendants des nouveaux arrivants comme principale source pour l’accroissement de la population. Une étude effectuée par le gouvernement fédéral indique que les immigrants et les immigrantes et leurs enfants compteront probablement pour la moitié de la population d’âge actif d’ici 2031. Un pourcentage élevé des nouveaux arrivants seront des personnes d’ascendance africaine.

Dans le cadre de notre travail de plaidoyer politique, les syndicats ont soutenu les législations fédérales et provinciales sur l’équité en matière d’emploi, malgré l’opposition des forces conservatrices.

À part les peuples autochtones, le Canada est un pays qui a été bâti par des immigrants venus de toutes les régions du monde. Le mouvement syndical souhaite que les personnes d’ascendance africaine aient toutes les chances possibles de contribuer au bien-être social et économique du Canada, sans aucun obstacle.

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