Les syndicats du Canada expriment leurs préoccupations concernant l’IA et les droits du travail sur la scène internationale
GENÈVE, SUISSE — Prenant la parole aujourd’hui à la Conférence internationale du Travail, la secrétaire-trésorière du Congrès du travail du Canada, Lily Chang, a appelé les gouvernements du monde entier à veiller à ce que les travailleuses et travailleurs jouent un rôle significatif sur la forme que prendra leur avenir économique, notamment l’intelligence artificielle, tout en mettant en garde contre les tentatives visant à affaiblir la négociation collective et le droit de grève.
S’adressant aux délégués des gouvernements, des employeurs et des travailleurs du monde entier, madame Chang a déclaré que les travailleuses et travailleurs doivent être des partenaires dans la prise de décisions qui façonneront l’avenir du travail.
« L’intelligence artificielle transforme déjà les lieux de travail et les industries dans le monde entier », a déclaré madame Chang. « Les travailleuses et travailleurs voient le potentiel, mais beaucoup s’inquiètent également de l’impact sur leur emploi, leur vie privée et leur avenir. »
Madame Chang a signalé que trop de gouvernements et d’employeurs considèrent le changement technologique comme une occasion de réduire leur main-d’œuvre, d’intensifier le travail et d’accroître la surveillance. Or, elle a fait valoir que l’innovation doit s’accompagner de solides protections syndicales et d’une participation significative des travailleurs.
L’intervention de madame Chang s’appuie sur le récent appel du Congrès du travail du Canada en faveur d’une approche sur l’intelligence artificielle axée sur les travailleuses et travailleurs. Les syndicats du Canada ont souligné que les travailleuses et travailleurs et leurs syndicats doivent jouer un rôle dans l’établissement de la façon dont l’IA est introduite et gouvernée dans les milieux de travail partout au pays et ont appelé à des protections plus fortes contre la surveillance et la discrimination en milieu de travail, ainsi qu’à une surveillance indépendante.
Les syndicats du Canada réclament également des révisions au Code canadien du travail afin de prendre en compte l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans les milieux de travail sous réglementation fédérale. Les changements proposés permettraient aux travailleuses et travailleurs d’avoir voix au chapitre dans les décisions concernant l’utilisation de l’IA et renforceraient les protections des travailleurs dont l’emploi, les conditions de travail ou les droits pourraient être affectés par les nouvelles technologies.
« On ne peut s’attendre à ce que les travailleuses et travailleurs portent le fardeau de l’incertitude économique en renonçant à leurs droits fondamentaux », a déclaré madame Chang. « Le droit de se syndiquer, de négocier collectivement et de grève est essentiel pour s’assurer que les travailleuses et travailleurs puissent réellement avoir un mot à dire dans l’économie et sur leurs lieux de travail. »
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