Emplois, économie et environnement

Le Premier ministre Harper n’assistera pas au Sommet de l’ONU sur le climat, et c’est une bonne chose

19 septembre 2014

Ottawa – Donald Lafleur

Les dirigeants du monde entier ont été invités par le Secrétaire général des Nations Unies (ONU), Ban Ki-moon, à New York, le 23 septembre, pour un Sommet sur le climat. L’événement d’une journée servira de tremplin aux négociations internationales sur le climat. Les chefs d’État se réuniront pour parler des actions engagées par leurs pays visant à accélérer l’élimination progressive des économies qui reposent sur les combustibles fossiles et à stimuler la finalisation d’un nouveau traité international à Paris en 2015. Le Premier ministre Stephen Harper n’y participera pas. C’est un triste constat, mais nous croyons que c’est une bonne chose. Les dirigeants politiques présents à cet événement veulent faire progresser la protection climatique. Puisque le Premier ministre Harper ne montre aucun intérêt pour une telle initiative, il vaut mieux qu’il reste chez lui.

Tous les Canadiens sont consternés par cette situation. Nous pouvons être partie prenante à la solution. Puisque les enjeux sont si importants, nous aurions souhaité que le Premier ministre non seulement participe, mais qu’il cherche également à prendre les devants sur cet enjeu.

Si nous voulons changer cette situation, tout le monde doit encourager les politiciens de tous les niveaux de gouvernement— municipal, provincial et fédéral — à s’assurer que la protection climatique devienne une priorité.

Il faut que le Canada signe un traité international sur le climat avec des cibles précises afin de prouver au monde entier que ce problème est sérieux et que nous faisons notre part. Le Canada doit tout au moins annoncer lors des prochaines sessions de négociations de l’ONU en décembre prochain à Lima, au Pérou, les actions additionnelles qu’il prendra afin de respecter la cible de 2020 qu’il s’était fixée à Copenhague en 2009 – une cible qui ne sera pas atteinte, et de loin. Le Canada aurait pu annoncer des actions lors du Sommet sur le climat à New York, mais il ne profitera malheureusement pas de l’occasion. La meilleure chose que nous puissions faire est d’encourager notre gouvernement à déclarer au reste de la planète à Lima comment il prévoit atteindre sa cible d’ici 2020.

Dans le cadre du processus de négociations internationales en cours, on s’attend à ce que les pays annoncent des engagements ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), bien avant la tenue de la dernière session de négociations à Paris en décembre 2015. Afin d’assurer que les négociations soient conclues à temps, les pays sont censés annoncer ce à quoi ils sont prêts à s’engager dès le début de l’année 2015. Le Canada annoncera ensuite son engagement et démontrera comment il prévoit atteindre l’objectif à long terme qu’il avait jugé essentiel pour que les perturbations climatiques restent en deçà d’une limite de risque gérable, soit de réductions de 80 à 90 % d’ici 2025. Pour le Traité de Paris, le Canada a comme cible des niveaux inférieurs d’environ 35 % à ceux de1990 d’ici 2025, et de 45 % d’ici 2030. Le Canada doit également s’engager à accorder un important appui financier et technologique, et à renforcer l’adaptation aux changements climatiques et les capacités de réductions des émissions de GES dans les pays en développement.

Nous nous attendons à ce que le gouvernement fédéral appuie les efforts des provinces dans le cadre d’une cible nationale juridiquement contraignante. Nous voulons un gouvernement fédéral qui facilite la collaboration pancanadienne et internationale, les échanges et les investissements dans l’énergie renouvelable afin que l’on puisse s’éloigner des combustibles fossiles désuets. Plus nous attendons, plus il sera difficile d’agir.

Les progrès ont été lents, dangereusement lents. Le temps est venu d’accélérer la cadence; nous sommes ingénieux, créatifs et compétents. Nous avons la capacité de changer. Nous devons simplement agir.

Donald Lafleur est le vice-président exécutif du Congrès du travail du Canada, l’organisation qui encadre la plupart des syndicats nationaux et internationaux au Canada, les dix fédérations du travail provinciales et les deux territoriales et des douzaines de conseils du travail de district. Par leur entremise, le CTC représente plus de trois millions de syndiquées et syndiqués qui travaillent dans tous les postes imaginables d’un océan à l’autre

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