Opération solidarity en c.-b.

4 janvier 2019

En 1983, des organisations syndicales et citoyennes de toute la province, y compris des syndicats et des groupes environnementaux, confessionnels et militant en faveur de la justice sociale et des droits des femmes, se sont unis au cours de plusieurs semaines dans le cadre d’actions de plus en plus importantes qui sont devenus la protestation politique la plus grande qui ait eu lieu en C.-B.

Au printemps de 1983, les citoyens de la Colombie-Britannique réélisent le Parti du Crédit social dirigé par William (Bill) Bennett. Quelques mois plus tard, le gouvernement créditiste adopte un budget d’austérité et 26 projets de loi de droite radicale qui abolissent les organismes de surveillance, portent atteinte aux droits de négociation collective (particulièrement dans le secteur public) et réduisent les services sociaux.

L’opposition à ces mesures d’austérité flagrantes est répandue et populaire. Elle unit le mouvement syndical de la province à un vaste éventail de groupes sociaux, soit les bénéficiaires d’aide sociale, les femmes, les personnes militant en faveur des droits des enfants, les étudiants, les personnes ayant un handicap et des communautés culturelles diverses, qui ressentent sous le plein effet de l’assaut du gouvernement. Sous la direction de la Fédération du travail de la Colombie-Britannique (FTCB), les syndicats s’allient aux groupes communautaires pour organiser un énorme mouvement de protestation connu sous le nom de Solidarity.

On organise des marches et des rassemblements à travers la province où des milliers de personnes descendent dans la rue et appellent à la grève générale. Pour protester contre le licenciement de nombreux fonctionnaires prévu pour le 31 octobre, les membres du Syndicat des fonctionnaires provinciaux de la Colombie‑Britannique (SFPCB) partent en grève le 1er novembre. Des moyens de pression au travail de plus en plus importants se succèdent, les enseignantes et les enseignants se mettant en grève la semaine suivante et des milliers de fonctionnaires clés s’apprêtant à descendre dans la rue au cours des jours suivants.

Devant la rapide amplification du conflit, les dirigeants de la FTCB freinent l’action plutôt que de risquer l’affrontement total du gouvernement. Pour ne pas courir le risque de voir celui-ci adopter des lois ordonnant le retour au travail et de voir les travailleuses et les travailleurs du secteur privé ne pas répondre à l’appel à une grève générale, la FTCB engage un dialogue avec le gouvernement. Le dimanche 13 novembre 1983, Jack Munro, président de l’IBA, et le Premier ministre Bennett concluent une trêve mettant fin au mouvement de protestation populaire le plus grand qui ait été créé en C.-B.

La mobilisation massive de Solidarity a marqué le début de la riposte aux politiques publiques d’austérité au Canada. La conjugaison de leurs efforts fondée sur un sentiment d’oppression partagé a permis aux mouvements syndical, sociaux et civils de s’unir pour une cause commune. Le ressentiment et les récriminations exprimés pendant les jours qui ont suivi la conclusion de l’entente avec le gouvernement pour mettre un terme aux protestations n’ont pas suffi à éteindre l’étincelle de solidarité née de l’union de ces mouvements.

Bon nombre des principaux progrès sociaux et politiques réalisés au Canada sont le fruit de la solidarité entre le mouvement syndical et d’autres intervenants travaillant pour le bien commun. Pour n’en nommer que quelques-uns, ces progrès comprennent l’assurance-maladie, les congés de maternité payés, la reconnaissance légale des unions homosexuelles, l’expansion du Régime de pensions du Canada, la bonification de la Sécurité de la vieillesse, les congés payés pour les victimes de violence conjugale et – dans un proche avenir – un régime national d’assurance-médicaments.

Solidarité… pour toujours!

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