Raisons pour lesquelles les syndicats du Canada mettent l’accent sur le racisme environnemental pendant le Mois de l’histoire des Noirs

6 février 2019

Le racisme environnemental se manifeste par l’établissement et la mise en œuvre de politiques environnementales sur des questions telles que les lieux d’enfouissement de déchets toxiques, la pollution et le déclin urbain dans des zones comprenant une importante population ethnique ou raciale. Croyez-le ou non, le Canada n’est pas dénué de politiques de ce genre.

Au cours du Mois de l’histoire des Noirs, les syndicats du Canada affirment qu’il ne saurait y avoir de justice environnementale en l’absence de justice raciale : la lutte contre le racisme anti-Noirs fait partie intégrante de la conversation sur le racisme environnemental.

Comme les communautés autochtones du Canada, les Noirs et les personnes d’ascendance africaine font face à des dangers environnementaux plus que les autres membres de la population. Ce racisme environnemental comprend l’exposition à des installations d’élimination des déchets toxiques, à des décharges publiques et à d’autres sources de pollution environnementale qui ont une influence négative sur leur qualité de vie et leur santé.

L’histoire de la petite mais dynamique communauté noire d’Africville à Halifax, en N.-É., est une importante illustration de racisme anti-Noirs causé par les politiques environnementales. Même si ses membres payaient des taxes municipales, la communauté était privée de services de base tels que l’accès à de l’eau propre, aux égouts et à la collecte des ordures ménagères. La proximité d’Africville d’un hôpital pour personnes atteintes de maladies infectieuses, d’une prison et d’un dépotoir a, avec le temps, fait empirer les conditions de vie déplorables imposées par la ville.

Après 120 ans de résilience, les habitantes et les habitants ont été obligés de se réinstaller et de se disperser. Souvent du jour au lendemain, au fil de bon nombre d’années, ils ont vu leurs biens emportés dans des camions à ordures et leurs maisons démolies.

Cette réinstallation forcée après des années de marginalisation par la ville d’Halifax a eu pour effet de chasser les habitantes et les habitants de leurs foyers et de leurs lieux de travail, accroissant ainsi leur insécurité économique.

Les travailleuses et les travailleurs noirs et leurs familles sont encore exposés à des conditions nuisibles qui menacent souvent leur existence même, auxquelles s’ajoutent des obstacles à l’emploi durable, des iniquités salariales et des entraves à l’avancement en milieu de travail.

Hogan’s Alley, en Colombie-Britannique, Leamington, en Ontario, et Shelburne, en Nouvelle-Écosse, ne sont que quelques exemples de communautés noires faisant face au grave péril du racisme environnemental.

« Dans le cas du racisme environnemental dont les communautés noires font l’objet, la justice environnementale est liée à la justice économique, et c’est principalement pour cela que le mouvement syndical doit s’attaquer au problème », déclare Larry Rousseau, vice-président exécutif du CTC.

Un groupe d’experts de l’ONU sur les personnes d’ascendance africaine a recommandé que le « gouvernement du Canada encourage les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux à bien tenir compte des sujets d’inquiétude de la population de la Nouvelle-Écosse qui est d’ascendance africaine et l’aide à établir des lois sur des questions environnementales qui l’influencent ».

Ingrid R.G. Waldron, auteure de There’s Something In The Water: Environmental Racism in Indigenous & Black Communities (il y a quelque chose dans l’eau : le racisme environnemental dans les communautés autochtones et noires), a dit que si le racisme environnemental nuit surtout aux communautés noires et autochtones, la pollution se répand dans les communautés voisines et cela signifie que l’injustice affecte tout le monde et nécessite une action collective.

« Les recherches d’Ingrid Waldron illustrent la véritable portée du problème — il déborde de beaucoup le cadre de la Nouvelle-Écosse. Nous ne pouvons pas négliger ou nier les mauvais traitements historiques dont les communautés noires du Canada ont fait l’objet. Les syndicats du Canada peuvent jouer un rôle clé dans la révélation des rapports entre la justice environnementale et le racisme anti-Noirs », ajoute M. Rousseau.

En février dernier, le gouvernement fédéral a reconnu la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine (2015-2024). Bien que cette reconnaissance soit importante, il y a lieu de prendre des mesures plus poussées. Les syndicats du Canada et leurs alliés sont prêts à s’attaquer au problème du racisme environnemental au Canada.

Pour en apprendre davantage au sujet du racisme anti-Noirs au Canada et des moyens que les travailleuses et les travailleurs prennent pour le contester, inscrivez-vous ici.

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