Le meurtre d’un dirigeant syndical déclenche la première grève générale.

4 janvier 2019

Le 27 juillet 1918, Albert « Ginger » Goodwin, mineur de charbon de la C-B bien connu, pacifiste et militant en faveur de l’amélioration des conditions de travail dans le secteur minier canadien, est retracé et abattu par un agent de police. Son meurtre, motivé selon un grand nombre de personnes par son militantisme syndical, déclenche la première grève générale du Canada à Vancouver où les travailleuses et les travailleurs posent leurs outils pour aller manifester dans les rues.

Cent ans plus tard, le mouvement syndical canadien poursuit le travail entrepris par M. Goodwin en appelant à une plus grande responsabilisation des sociétés minières – socialement, économiquement et écologiquement – au Canada et dans le monde entier.

En tant que vice-président de la Fédération du travail de la C-B, Ginger Goodwin dirige plusieurs grèves et s’oppose haut et fort à la Première Guerre mondiale, ce qui attire sur lui l’attention des autorités publiques et militaires.

Comme de nombreux mineurs de charbon, M. Goodwin a des troubles pulmonaires. C’est pourquoi il est initialement jugé « inapte » au combat à l’étranger. Toutefois, après une grève qu’il dirige pour la journée de 8 heures à une fonderie de Trail, en C-B, son statut de conscription est remplacé par celui d’« apte au service militaire au sein d’une unité de combat outre-mer ».

Avec l’aide de gens de son village, il se rend dans l’île Vancouver et se cache dans les bois près de Cumberland, où d’autres objecteurs de conscience reçoivent des vivres de membres de la collectivité locale. Au cours d’une séquence d’événements encore contestés, M. Goodwin est retracé le 27 juillet 1918 et abattu par un agent de police privé au service de la Police à cheval du Nord-Ouest (précurseur de la GRC) quatre jours après que l’amnistie ait été décrétée à l’égard des conscrits réfractaires.

Son cortège funèbre s’étend sur un mile et il est enterré au cimetière municipal de Cumberland. Moins d’une semaine plus tard, le 2 août, la grève générale de Vancouver – première grève générale de l’histoire canadienne – est déclenchée, une journée de manifestation politique en réaction à l’assassinat de M. Goodwin. Avant d’être tué, M. Goodwin avait appelé à une grève générale en cas de recrutement forcé de travailleurs dans l’armée.

Les représailles sont violentes. Trois cents hommes saccagent les bureaux du Conseil des métiers et du travail de Vancouver. Beaucoup d’entre eux sont des soldats revenus de guerre, mobilisés et approvisionnés en véhicules pour attaquer le Temple du travail, situé au 411, rue Dunsmuir.

En 2001, le gouvernement libéral nouvellement élu en C-B retire le nom Ginger Goodwin Way de la route qui longe le cimetière où se trouvent les restes de M. Goodwin. Les panneaux et le nom ont été restaurés en juin 2018 par le gouvernement néo-démocrate. Alors que les panneaux de Ginger Goodwin Way sur l’île de l’île apparaissent et disparaissent, Goodwin est commémoré par Ginger Goodwin Creek (1982) et un mont (Mount Ginger Goodwin – 1989) portent encore le nom de M. Goodwin. Il s’agit de la montagne sans nom sur laquelle il a été abattu par balle. De plus, chaque année, les habitants de Cumberland tiennent une cérémonie commémorative sur sa tombe afin de rendre hommage au personnage et aux causes qu’il a défendues.

Le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique a officiellement désigné le 27 juillet 2018 «Ginger Goodwin Day» pour commémorer le centenaire de son meurtre.

Articles connexes

Progrès historique vers une protection accrue des travailleurs du monde entier

Les syndicats du Canada se joignent aux travailleurs et travailleuses du monde entier pour célébrer l’adoption, aujourd’hui, d’une convention et d’une recommandation de l’Organisation internationale du Travail (OIT) qui font date au sujet de la violence et du harcèlement dans le monde du travail. Après plus d’une année de négociations avec les gouvernements, les employeurs et les travailleurs, la Conférence…
Suite

Les syndicats du Canada marquent la Journée nationale des peuples autochtones en appelant à d’autres mesures pour la réconciliation

À l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, les syndicats du Canada disent que des mesures sur la réconciliation doivent être une priorité urgente nationale. Plus tôt ce mois-ci, l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a publié son rapport final, comprenant 231 appels à la justice pour réduire les taux effarants de violence…
Suite

Les syndicats du Canada sont solidaires des Métallos en lockout au Québec

Le Congrès du travail du Canada (CTC) soutient pleinement la plainte déposée par le Syndicat des Métallos à l’encontre du gouvernement du Québec pour violation des lois internationales du travail et entrave grave aux droits des travailleurs et travailleuses. Quelque mille membres des Métallos sont en lockout de leur travail à l’Aluminerie de Bécancour (ABI), au Québec, depuis 17 mois.…
Suite