Se souvenir du Rana Plaza : les entreprises canadiennes doivent en faire davantage

23 avril 2018

Les syndicats du Canada marquent le cinquième anniversaire de la catastrophe du Rana Plaza en demandant aux entreprises canadiennes de s’engager à protéger et à promouvoir les droits de la personne des travailleuses et travailleurs du textile.

Le 24 avril 2013, plus de mille travailleuses et travailleurs du vêtement ont été tués ou blessés dans l’effondrement de l’usine Rana Plaza. Les enquêtes ont révélé que les conditions de travail dans le bâtiment ne respectaient pas les normes de sécurité. La tragédie a mis en évidence les violations des droits de la personne et les piètres conditions qui perdurent dans l’industrie du textile.

« Les entreprises canadiennes ont la responsabilité de s’assurer que leurs produits sont fabriqués de façon éthique », a dit Hassan Yussuff, président du Congrès du travail du Canada (CTC). « Les Canadiens ne veulent pas compromettre la sécurité et la dignité des travailleurs pour un t-shirt bon marché. Ce n’est pas qui nous sommes. »

Droits fondamentaux de la personne

Les syndicats canadiens préconisent que les travailleuses et travailleurs au Bangladesh, et tout au long de la chaîne d’approvisionnement, soient :

  • Traités avec équité et respect au travail;
  • Payés un salaire minimum vital;
  • En mesure d’exercer leurs droits de se syndiquer et de négocier collectivement;
  • Au travail dans des usines sécuritaires.

Peu après la tragédie, des dizaines d’entreprises opérant au Bangladesh ont signé un accord juridiquement contraignant intitulé l’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh. L’Accord a été renouvelé pour trois autres années et vise à s’assurer que les usines sont inspectées régulièrement et que des normes minimales de sécurité sont maintenues. Il protège également les droits des travailleuses et travailleurs à s’organiser.

Responsabilité des entreprises

Le CTC demande aux sociétés canadiennes présentes au Bangladesh de signer l’Accord. Il compte plus de 140 signataires du monde entier, y compris Loblaws. Vous pouvez consulter la liste complète en cliquant sur ce lien.

Plus récemment, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il nommera un ombudsman pour assurer que les sociétés canadiennes respectent leurs obligations en matière de droits de la personne à l’étranger. 

« Le Canada peut et doit défendre ardemment l’ensemble des travailleurs. Cela signifie que nous devons nous assurer que nos sociétés soient tenues responsables des violations des droits de la personne », a déclaré M. Yussuff.

Passer à l’action

Plusieurs affiliés du CTC organisent des événements ce lundi 23 avril pour encourager les entreprises canadiennes, dont Walmart et les magasins Mark’s, Sports Experts et Sport Chek, détenus par Canadien Tire, à s’engager à la transparence relativement à leurs chaînes d’approvisionnement.

Les Canadiens qui veulent participer doivent visiter la page de la campagne du Syndicat des Métallos ici et celle des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) ici.

Appuyer les travailleuses et les travailleurs

Depuis 2016, la CTC et plusieurs affiliés appuient le Centre de solidarité des travailleuses et travailleurs du Bangladesh dans le cadre de ses efforts visant à renforcer les droits du travail dans le secteur du prêt-à-porter au Bangladesh. Le projet est soutenu par l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC), le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), les TUAC, la Fédération des enseignantes et enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO) et les Métallos. Il se poursuit jusqu’en 2019.

Le CTC est également membre du Réseau canadien sur la reddition de comptes, avec plus de 30 autres syndicats et groupes de défense des droits de la personne, environnementaux, confessionnels et de solidarité. Les syndicats membres de la coalition sont le SCFP, Unifor, les Métallos, l’AFPC et la Fédération des enseignantes et enseignants de la Colombie-Britannique (FECB).

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