Déclaration de Bea Bruske : Les syndicats du Canada doivent participer aux négociations commerciales
Puisque des discussions commerciales entre le Canada et le Mexique ont commencé cette semaine, les syndicats du Canada expriment une vive inquiétude parce que les travailleuses et travailleurs influencés par les accords commerciaux sont exclus des discussions à leur sujet.
Attendu que 240 organisations et 370 personnes représentant les entreprises et l’industrie ont participé à la mission commerciale d’Équipe Canada au Mexique, le mouvement syndical n’a pas vraiment eu son mot à dire sur la stratégie au sujet du commerce entre le Canada et le Mexique, même si les travailleuses et travailleurs vivent une instabilité et une réorganisation économiques importantes.
« Les accords commerciaux influencent les emplois, les industries, les services publics et des collectivités entières. Les travailleuses et travailleurs doivent participer à toute mission ou négociation commerciale pour qu’elle soit vraiment valable », dit Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada. « Toute stratégie ou entente commerciale établie par le Canada doit être favorable aux travailleuses et travailleurs et appuyer la croissance à long terme grâce à une stratégie économique axée sur les travailleuses et travailleurs. Le commerce doit être un outil de renforcement de l’industrie et des bons emplois canadiens plutôt qu’une fin en lui-même. »
Madame Bruske ajoute : « Si un accord commercial ne fait pas passer les travailleuses et travailleurs et les emplois canadiens avant tout, il vaut mieux ne pas l’adopter ».
Les syndicats incitent le gouvernement fédéral à fonder l’approche commerciale du Canada sur trois principes de base.
Premièrement, les accords commerciaux doivent être axés sur les travailleuses et travailleurs et exécutoires. Le Canada doit insister pour que les chapitres sur le travail soient forts et comportent de vraies sanctions, y compris de robustes protections en matière de santé et de sécurité, des protections des femmes et des travailleurs migrants et de claires mesures de lutte contre la violence fondée sur le genre au travail. Les normes du travail ne peuvent pas être symboliques : elles doivent être exécutoires et leur non-respect doit comporter des sanctions valables.
Deuxièmement, le Canada doit préserver sa capacité d’établir des politiques et des règlements. Les négociations commerciales doivent renforcer—plutôt que restreindre—notre capacité de développer le secteur manufacturier canadien, d’accroître la production à valeur ajoutée, de frapper les multinationales d’impôts équitables, de réglementer le recours à l’intelligence artificielle dans l’intérêt public, d’honorer les engagements en matière de climat et d’élargir les services publics.
« Les investissements publics doivent s’assortir de conditions claires : bons emplois syndiqués, avantages communautaires, politiques d’approvisionnement au Canada et garanties que les emplois restent au Canada », affirme madame Bruske. « Le Canada ne doit pas échanger sa souveraineté économique contre un accès au marché. »
Troisièmement, il faut protéger les services publics. Les accords commerciaux ne peuvent pas compromettre les soins de santé publics, les services de garde d’enfants, le logement, les transports en commun, l’énergie propre ou l’assurance-emploi. Les services publics forts sont des atouts stratégiques qui aident les collectivités à supporter l’incertitude économique.
À mesure que le Canada et le Mexique approfondissent l’intégration économique des secteurs de la fabrication de pointe, de l’énergie propre, des minéraux critiques et de l’IA, tout partenariat doit être profitable à tous les travailleurs et travailleuses du Canada et du Mexique, et non seulement aux entreprises.
« La prospérité du Canada est attribuable aux travailleuses et travailleurs de ce pays. Ceux-ci s’attendent à ce que leur gouvernement mette de l’avant un commerce axé sur les travailleuses et travailleurs et faisant passer ceux-ci avant tout et s’assure que le mouvement syndical participe aux négociations », conclut madame Bruske.