Effondrement du pont du chemin heron – le pire accident du travail de l’histoire de l’ontario

4 janvier 2019

Dans l’après-midi du 10 août 1966, une travée de 160 pieds d’un nouveau pont enjambant la rivière et le canal Rideau s’effondra, déversant dans la rivière des centaines de tonnes de béton non durci d’une hauteur d’environ 60 pieds. Neuf travailleurs furent tués et 55 autres blessés dans ce qui est considéré comme le pire « accident » du travail de l’histoire de l’Ontario.

L’endroit n’est pas l’une des destinations touristiques les plus courues d’Ottawa, mais si vous vous trouvez dans la capitale nationale cet été (comme beaucoup de touristes canadiens), profitez-en pour rendre hommage aux neuf travailleurs décédés ce jour-là et aux 55 autres dont la vie a été changée à jamais.

L’enquête du coroner rejeta le blâme sur les ingénieurs, l’utilisation de bois vert et le manque de pièces diagonales de renfort de la forme de support en bois, causant l’effondrement au moment de couler le béton pour former le tablier du pont.

À l’issue de l’enquête, l’Association des ingénieurs professionnels de l’Ontario suspendit deux de ses membres, en réprimanda un troisième et l’entreprise de construction O.J. Gaffney Limited, de Stratford en Ontario, fut condamnée à verser une amende de 5 000 $, peine maximale prévue à l’époque par la Loi sur la sécurité de la construction.

Suite à cet accident, les normes de sécurité dans le secteur de la construction en Ontario furent remaniées.

En 1987, le Congrès du travail du Canada érigea son Monument national en l’honneur des travailleurs tués ou blessés en milieu de travail dans le parc Vincent Massey, à Ottawa, à portée de vue du pont. C’est là que le Congrès du travail du Canada, le Conseil du travail d’Ottawa et du district et les syndicats locaux organisent chaque année le 28 avril une cérémonie commémorant le Jour de deuil national pour les travailleurs tués ou blessés au travail.

Les « accidents » du travail et les maladies professionnelles sont responsables de la mort de plus de 2,3 millions de travailleuses et de travailleurs à travers le monde chaque année. Selon le Centre canadien d’hygiène et de sécurité :

« Les statistiques les plus récentes de l’Association des commissions des accidents du travail du Canada (ACATC) indiquent qu’en 2016, 904 décès dus à des accidents de travail ont eu lieu au Canada. Parmi ces victimes, cinq jeunes travailleurs âgés de quinze à dix-neuf ans et vignt autres âgés de vingt à vingt-quatre ans.

Si l’on ajoute à ce chiffre les 240 682 demandes d’indemnisation approuvées pour temps perdu en raison d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, y compris les 7 562 demandes soumises par des jeunes travailleurs âgés de quinze à dix-neuf ans, et le fait que ces statistiques ne reflètent que les demandes approuvées par les commissions d’accidents du travail, on peut conclure que le nombre total de travailleuses et de travailleurs concernés est encore plus important.

Ce que ces chiffres ne montrent pas est le nombre de personnes directement touchées par ces tragédies. Le décès d’une travailleuse ou d’un travailleur affecte à jamais la vie de ses proches, de sa famille, de ses amis et de ses collègues. »

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