Il nous faut une politique publique judicieuse pour éliminer l’hésitation à se faire vacciner

21 avril 2021

Quand les premiers vaccins contre la COVID-19 ont été injectés à des Canadiennes et Canadiens en décembre dernier, l’optimisme était répandu car les gens pouvaient entrevoir le début de la fin de la pandémie.

Actuellement, puisque des variants plus contagieux et plus mortels se répandent dans la plupart des régions du pays, la troisième vague menace d’être la plus ravageuse que nous ayons connue.

À défaut de mesures clés pour aider les personnes les plus à risque à se faire vacciner, y compris des congés payés pour vaccination, la pandémie va empirer grandement avant de commencer à se résorber.

Le Canada participe à une course de vaccination pour atteindre l’immunité collective. Ce n’est pas une tâche facile.

Hassan Yussuff, président du CTC, copréside un vaste groupe de travail s’efforçant de favoriser l’acceptation des vaccins sous la bannière « Plus vite. Ensemble ».

Plus tôt ce mois-ci, dans le cadre des travaux de ce groupe, Abacus Data a publié les résultats d’un sondage d’opinion sur l’hésitation à se faire vacciner au Canada.

Actuellement, 64 % des adultes canadiens ont reçu leur première dose ou sont disposés à la recevoir dès qu’elle leur sera disponible. Huit pour cent des adultes canadiens ont indiqué qu’ils ne consentiront jamais à se faire vacciner contre la COVID‑19. Cela laisse 28 % des membres de la population qui disent qu’ils « préfèrent attendre un peu pour voir comment le vaccin influence les autres » ou qu’ils « préféraient ne pas se faire vacciner mais pourraient se laisser persuader ».

Des Canadiennes et Canadiens qui hésitent à se faire vacciner, la plupart indiquent que c’est à cause, par exemple, de l’ignorance des effets à long terme des vaccins ou de la peur des caillots sanguins – qui n’a rien d’étonnant au vu de certains des problèmes signalés relativement à certains vaccins – qu’ils reportent leur vaccination. Des approches de santé publique soigneusement conçues seront un facteur clé de l’élimination des réticences de ce genre.

Un nombre considérable des personnes qui hésitent à se faire vacciner indiquent des raisons ayant trait au milieu de travail. Raisons majeures et mineures confondues, 37 % des gens indiquent qu’ils craignent de devoir s’absenter du travail en raison des effets secondaires potentiels. Vingt-trois pour cent indiquent qu’ils n’ont pas les moyens de prendre un congé pour aller se faire vacciner. Vingt-sept pour cent disent qu’il semble trop compliqué de se faire vacciner. Ces derniers comprennent sans doute les personnes qui craignent de ne pas pouvoir ajouter la vaccination aux obligations professionnelles et familiales avec lesquelles elles jonglent déjà. Ces motifs d’hésitation associés au travail pourraient être balayés de façon relativement facile à l’aide d’une politique publique judicieuse.

Nous savons que le virus se propage en milieu de travail, non seulement dans les établissements de santé et les autres lieux de prestation de soins mais aussi dans les usines, les exploitations agricoles, les installations de transformation des aliments, les entrepôts, les écoles, les bureaux et les transports, entre autres. Nous devons faire tout notre possible pour aplanir les obstacles à l’accès des personnes courant le plus de risque aux vaccins salvateurs. Nous devons notamment assurer des congés payés et voir à ce que la priorité soit donnée aux travailleurs et travailleuses essentiels qui ne peuvent pas rester à la maison pour se faire vacciner.

La Saskatchewan a mis à jour son règlement sur la santé et la sécurité au travail de manière à assurer un minimum de trois heures consécutives de congé payé pour permettre aux travailleurs et travailleuses de recevoir un vaccin contre la COVID-19. La Colombie-Britannique a adopté elle aussi un congé payé avec protection de l’emploi pour que les travailleurs et travailleuses puissent se faire vacciner sans que cela menace leur emploi ou affecte leur paye. L’Alberta a mis à jour ses normes d’emploi de manière à assurer trois heures de congé avec protection de l’emploi pour permettre aux travailleurs et travailleuses de se faire vacciner contre la COVID-19.

Les autorités de la santé publique et d’autres membres de la communauté médicale ont indiqué clairement qu’en raison de la propagation de variants plus contagieux et plus mortels, la vaccination ne suffira pas à endiguer la vague actuelle de la pandémie. Cinquante-huit pour cent des travailleurs et travailleuses canadiens n’ont pas accès à des congés de maladie payés. La proportion atteint 70 % dans le cas de ceux qui ont un bas salaire. Cela oblige les gens à choisir entre aller travailler même s’ils sont malades et ne pas pouvoir gagner de quoi se nourrir. La lacune nous met tous en danger et prolonge et approfondit les effets de la pandémie.

Il n’y a pas de remède miracle à ce virus. Il est d’une importance critique de s’occuper des façons dont le milieu de travail contribue à la pandémie.

Pour pouvoir nous rassembler de nouveau en santé plus rapidement, nous devons donner la priorité aux travailleurs et travailleuses essentiels qui ne peuvent pas rester à la maison pour se faire vacciner, leur assurer des congés payés pour ce faire, et voir à ce que l’ensemble des travailleurs et travailleuses aient des congés de maladie payés pour freiner la transmission en milieu de travail.

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