Le pacte de l’automobile a créé l’industrie canadienne de l’automobile moderne

4 janvier 2019

Le 16 janvier 1965, le Premier ministre du Canada Lester Pearson et le président des États Unis Lyndon Johnston se sont réunis à Washington pour signer l’Accord canado américain sur les produits de l’industrie automobile. L’accord représentait un important compromis entre le libre-échange et du travail décent pour les Canadiens.

On attribue au Pacte de l’automobile la revigoration de l’industrie canadienne de l’automobile. Il a établi de nouvelles règles applicables à la fabrication d’automobiles tant aux États‑Unis qu’au Canada. En exigeant un contenu canadien des automobiles fabriquées et vendues au Canada, le Pacte de l’automobile constituait un important compromis entre les principes du libre-échange et de l’équité du marché. Il rappelle l’importance de l’équilibre, particulièrement dans le contexte des récentes négociations commerciales, comme le partenariat transpacifique (PTP), qui ont menacé de compromettre l’industrie automobile du Canada.

La Le Roy, première voiture à essence produite en série au Canada, commence à être vendue en 1902. Elle ressemblait beaucoup à la populaire Oldsmobile américaine. Deux ans plus tard, Henry Ford fonde Ford du Canada pour produire le célèbre Modèle T. Cela marquait la naissance d’une industrie de l’automobile interdépendante entre le Canada et les États-Unis.

Avant la conclusion du Pacte de l’automobile, les pièces d’automobile et de camion étaient fabriquées aux États-Unis et assemblées au Canada. Le Pacte a éliminé les tarifs douaniers entre les deux pays de telle sorte que les automobiles et les pièces pouvaient franchir librement la frontière. De plus, le Pacte comportait des garanties d’emploi qui stipulait que la production d’automobiles au Canada ne devait pas tomber sous son niveau de 1964.

Le Pacte avait pour objectifs d’accroître l’efficacité et de réduire les frais de production au Canada en réduisant l’éventail des véhicules et des pièces fabriqués. De plus, il visait à réduire le prix des véhicules pour les consommateurs canadiens. Le principal résultat a été une stimulation de l’industrie automobile canadienne qui a renforcé l’économie nationale. Des emplois ont été créés et les salaires ont augmenté dans le secteur. En peu de temps, celui-ci est devenu l’industrie la plus importante du Canada. Il importe toutefois de signaler que l’industrie canadienne est demeurée nettement entre les mains des trois Grands américains de l’automobile : Ford, General Motors et Chrysler.

En définitive, la « libéralisation » des échanges a mis fin au Pacte de l’automobile. L’accord a toujours été fondé sur le désir de protéger les emplois tout en améliorant le commerce, mais les régimes commerciaux mondiaux actuels font passer le libre mouvement des capitaux avant les intérêts des travailleurs et travailleuses et de leurs collectivités. En 2001, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a décrété le Pacte de l’automobile illégal et, depuis, l’industrie canadienne de l’automobile est en difficulté.

Articles connexes

Progrès historique vers une protection accrue des travailleurs du monde entier

Les syndicats du Canada se joignent aux travailleurs et travailleuses du monde entier pour célébrer l’adoption, aujourd’hui, d’une convention et d’une recommandation de l’Organisation internationale du Travail (OIT) qui font date au sujet de la violence et du harcèlement dans le monde du travail. Après plus d’une année de négociations avec les gouvernements, les employeurs et les travailleurs, la Conférence…
Suite

Les syndicats du Canada sont solidaires des Métallos en lockout au Québec

Le Congrès du travail du Canada (CTC) soutient pleinement la plainte déposée par le Syndicat des Métallos à l’encontre du gouvernement du Québec pour violation des lois internationales du travail et entrave grave aux droits des travailleurs et travailleuses. Quelque mille membres des Métallos sont en lockout de leur travail à l’Aluminerie de Bécancour (ABI), au Québec, depuis 17 mois.…
Suite

Grève nationale au Brésil

Les travailleuses et travailleurs canadiens sont solidaires avec les syndicats brésiliens qui protestent contre les politiques gouvernementales en matière de retraite qui affaiblissent les droits des travailleurs. Le vendredi 14 juin, les centrales syndicales nationales brésiliennes, les syndicats populaires, la population étudiante et les mouvements sociaux seront en grève générale nationale pour protester contre les réformes néolibérales du gouvernement au…
Suite