Les syndicats s’engagent à défendre les droits liés à la procréation en tant que droits fondamentaux

27 mai 2019

Après l’adoption d’une série de lois rétrogrades sur l’avortement dans plusieurs États américains, les syndicats du Canada expriment leur solidarité à l’égard des personnes qui militent en faveur des droits liés à la procréation aux États-Unis. Le Congrès du travail du Canada (CTC) s‘engage en outre à défendre les progrès réalisés au prix de grands efforts et à combler les lacunes d’accès à la santé et aux droits en matière de sexualité et de reproduction au Canada, y compris l’avortement.

« Nous ne pouvons pas tenir le droit à l’avortement pour acquis au Canada. Nous ne sommes pas à l’abri des effets des attitudes et des tactiques en jeu chez nos voisins du sud. Au Canada, des groupes anti-choix font un alarmant effort amplement financé pour faire élire des hommes et des femmes politiques qui appuient la restriction des services et des droits liés à la santé de la reproduction », déclare Hassan Yussuff, président du CTC. « Quand des hommes et femmes politiques conservateurs participent à des rassemblements anti-choix et expriment leur désir de rendre l’avortement ‘impensable’, il est temps d’affirmer clairement que nous résisterons à tout effort visant à nous faire reculer. »

Les syndicats du Canada se sont fermement engagés il y a longtemps à l’égard de la santé et des droits en matière de sexualité et de reproduction. Les syndicats et les militantes et militants syndicaux se sont joints à l’appel à la décriminalisation du contrôle des naissances et de l’avortement pendant les années 1960 et 1970. Dans le mémoire qu’il a présenté en 1968 à la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, le CTC a fait remarquer que « si, afin de poursuivre une carrière, une femme souhaite choisir les moments où elle aura des enfants en fonction des exigences de sa profession, restreindre le nombre des enfants qu’elle aura ou ne pas avoir d’enfant du tout, cela devrait être laissé à sa discrétion ».

Depuis le jugement rendu en 1988 sur l’affaire Morgentaler, le mouvement syndical collabore avec des organisations féministes et d’autres alliés pour résister à toute tentative de limitation du droit et de l’accès à l’avortement. En mai 2008, le CTC a décerné au Dr Henry Morgentaler sa distinction la plus élevée, soit le prix pour le service à l’humanité, en raison des travaux qu’il a accomplis pour favoriser la santé des femmes et leur accès à l’égalité.

Les syndicats du Canada réclament depuis longtemps une couverture publique des actes médicaux et des produits pharmaceutiques permettant aux gens de choisir d’avoir ou non des enfants et à quel moment, favorisant la santé des mères, permettant aux gens d’affirmer leur identité de genre et répondant à d’autres besoins en soins de santé de la sexualité et de la reproduction. Ils ont également réclamé un meilleur accès aux services d’avortement dans les régions où il demeure difficile d’obtenir des soins de santé de la sexualité et de la reproduction. Et les syndicats continuent à appuyer l’éducation sexuelle globale, l’accès aux soins de santé des personnes trans et la protection des personnes enceintes dans des conditions de travail dangereuses.

« La lutte du mouvement syndical pour la justice en matière de procréation passe par la revendication du travail décent, de bons emplois, de congés de maternité et parentaux et de services de garde à l’enfance pour toutes les familles », dit Marie Clarke Walker, secrétaire-trésorière du CTC. « La justice économique est liée à la santé et aux droits en matière de reproduction et ils constituent des facteurs fondamentaux de l’égalité entre les sexes. »

L’accès aux services d’avortement demeure difficile, particulièrement dans les communautés rurales, isolées et autochtones, pour les jeunes personnes, celles dont le statut d’immigration est précaire et celles qui n’ont pas les moyens de se déplacer. Dans certaines provinces, comme le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard, ces services sont pratiquement inexistants à cause des politiques provinciales qui restreignent l’accès ou imposent des limites au financement. Le manque d’accès aux soins et aux droits en matière de santé de la sexualité et de la reproduction nuit démesurément aux personnes qui font l’objet de différentes formes de marginalisation, comme par exemple les femmes autochtones, noires et racialisées, les femmes ayant un handicap, les personnes trans et non binaires, et les femmes immigrantes, migrantes et réfugiées.

« Les syndicats du Canada ne toléreront aucune tentative de restriction du droit à l’avortement. Nous continuerons à inciter les gouvernements à combler les lacunes et à niveler les obstacles à l’accès pour voir à ce tout le monde ait un même accès aux soins de santé de la sexualité et de la reproduction, y compris les services d’avortement », ajoute M. Yussuff.

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