Le Congrès du travail du Canada dénonce la loi 62 du Québec parce qu’elle est discriminatoire

24 octobre 2017

Le Congrès du travail du Canada (CTC) affirme que la nouvelle loi québécoise sur la neutralité religieuse est nettement discriminatoire et qu’elle met les travailleuses et les travailleurs dans une situation intenable.

Cette loi impose de discutables restrictions aux accommodements religieux et comprend des règles controversées qui empêchent toute personne se couvrant le visage de fournir ou de recevoir des services publics. Les femmes qui se voilent le visage pour se conformer à leur culte ont dénoncé la loi parce qu’elle viole leur liberté de religion et d’expression car elles se découvrent déjà le visage sur demande à des fins d’identification et de vérification de sécurité.

La loi 62 s’applique aux ministères, aux commissions scolaires, aux universités, aux établissements publics de soins de santé, aux garderies subventionnées, aux municipalités, aux sociétés de transport en commun, aux médecins, aux dentistes et aux autres professionnels de santé.

Les législateurs provinciaux n’ont pas publié de directives claires ni indiqué les conséquences que subiraient les travailleuses ou les travailleurs s’ils s’opposent à la loi parce qu’elle est discriminatoire.

« C’est une loi dommageable, antidémocratique et inutile qui viole les libertés fondamentales des femmes en instaurant un contrôle étatique de leur corps », a déclaré Hassan Yussuff, président du CTC. « Le CTC condamne catégoriquement toute loi qui crée deux classes de citoyens dans notre pays. »

Déjà, un chauffeur d’autobus risque de se voir imposer des sanctions pour avoir indiqué publiquement qu’il appuyait une manifestation contre la loi 62 qui a eu lieu à Montréal vendredi dernier.

De plus, le syndicat représentant le personnel de la STM, société de transport en commun de Montréal, a fait savoir que les chauffeurs d’autobus ne veulent pas assumer la responsabilité d’interpréter la loi. Et ils ne devraient pas y être obligés.

« Chaque Canadienne ou Canadien doit pouvoir jouir pleinement des droits garantis dans la Charte canadienne des droits et libertés et les codes provinciaux des droits de la personne », ajoute M. Yussuff. « On aurait tort de demander à des travailleuses ou travailleurs de participer à une violation de ces droits, à plus forte raison s’ils fournissent des services publics auxquels tous les membres de la population du Québec ont droit. »

Articles connexes

Les syndicats du Canada appellent à l’action contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie pendant la crise de COVID-19

En cette Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie (IDAHOBIT), les syndicats canadiens demandent au gouvernement fédéral d’appuyer les organisations LGBTABI aux prises avec les répercussions de la crise actuelle. Les personnes LGBTABI sont actuellement plus vulnérables à la discrimination, à la violence, au harcèlement et à la stigmatisation fondés sur l’identité et l’expression sexuelles. Il est plus…
Suite

Les syndicats du Canada appuient le personnel infirmier, les sages-femmes et tous les travailleurs et travailleuses de la santé

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé 2020, l’Organisation mondiale de la santé célèbre l’Année internationale du personnel infirmier et des sages-femmes. Actuellement, les infirmiers, les infirmières et les sages-femmes travaillent aux côtés de tous les autres membres du personnel de la santé en première ligne de la lutte contre la pandémie la plus grande des temps modernes.…
Suite

Nous ne sommes pas tous en sécurité à la maison : la violence conjugale en temps de pandémie

Les syndicats du Canada appellent à l’augmentation de la vigilance et de la sensibilisation à l’égard du risque croissant de violence conjugale pendant la pandémie de coronavirus. La recommandation de rester à la maison ainsi que les tensions financières et le stress accrus peuvent faire augmenter le risque de violence et l’isolement, ce qui accroît les possibilités qu’ont les agresseurs…
Suite