Le budget fédéral contient des mesures sur l’abordabilité, mais aussi des failles importantes dans la protection des travailleurs
OTTAWA – Les syndicats du Canada accueillent favorablement les mesures prévues dans le budget de 2026 visant à aider les Canadiennes et les Canadiens à faire face à l’augmentation du coût de la vie, mais ils affirment que le gouvernement doit en faire davantage pour protéger les travailleuses et travailleurs qui ont perdu leur emploi et aux prises avec l’endettement croissant des ménages et l’incertitude économique.
« S’il y a une leçon à tirer des élections au sud de la frontière, c’est que l’abordabilité ne peut pas être considérée comme secondaire par rapport à la croissance économique », estime la présidente du CTC, Bea Bruske. « Le budget d’aujourd’hui alloue près de 100 milliards de dollars d’incitatifs aux entreprises et moins de la moitié de cette somme en soutien direct à la population. Les Canadiennes et les Canadiens veulent une économie plus forte, mais ils veulent aussi savoir qu’ils peuvent avoir de bons emplois, payer leur épicerie et leur loyer et subvenir aux besoins de leur famille. »
Le gouvernement confirme également dans son budget qu’il va de l’avant avec le projet de loi C-39, qui donnerait aux ministres de nouveaux pouvoirs pour mettre fin à des grèves légales et affaiblirait le pouvoir de négociation des travailleurs, malgré l’engagement qu’il a pris à protéger pleinement le droit de grève.
« Une économie forte passe par des droits des travailleuses et travailleurs vigoureux », indique madame Bruske. « Les travailleuses et travailleurs doivent avoir le pouvoir de négocier pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail pour pouvoir tirer parti des investissements promis par ce budget. »
Le budget comprend un soutien pour les coûts de l’épicerie, du logement et de l’énergie, ainsi que des investissements majeurs dans les mines, les minéraux critiques et les industries stratégiques. Mais ces investissements manquent d’engagements clairs à l’égard de la représentation syndicale et de l’application des normes du travail, tandis que le budget ne propose que peu de protection aux travailleuses et travailleurs touchés par l’IA et les changements technologiques.
Le CTC réclame également le renforcement de l’assurance-emploi afin de couvrir les travailleuses et travailleurs dont le licenciement est directement lié à des raisons commerciales et ceux qui sont indirectement touchés en raison des fournisseurs, des entreprises locales et des collectivités avoisinantes.
« Lorsqu’une usine réduit sa production, les répercussions se font sentir sur l’ensemble de l’économie locale », déclare madame Bruske. « Les travailleuses et travailleurs qui perdent leur gagne-pain ont besoin du même soutien, que leur employeur ait été directement touché par les tarifs douaniers ou qu’il en ait subi les conséquences. »
Le CTC prévient que les plans visant à ralentir la croissance des dépenses fédérales risquent d’affaiblir les services publics. Il réclame le rétablissement des capacités de la fonction publique, des effectifs suffisants en santé, un régime d’assurance-médicaments et des soins dentaires universels, ainsi que l’expansion des soins à long terme et des soins en santé mentale.
Le gouvernement annonce également dans son budget qu’il prévoit privatiser l’exploitation des quatre plus grands aéroports du Canada. Le CTC signale que cela pourrait faire augmenter les coûts pour le public voyageur et exercer une pression sur les salaires, les conditions de travail et le pouvoir de négociation des travailleuses et travailleurs.
Le CTC salue les mesures relatives à la sécurité au travail, au vol de salaire, à la classification erronée des travailleurs et à l’ajout de ressources au Conseil canadien des relations industrielles.
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