L’émeute la plus importante du canada – fête du canada, 1935

4 janvier 2019

Le 1er juillet 1935, des milliers de personnes sont descendues dans la rue à Regina non pas pour marquer l’anniversaire du Canada mais bien pour appuyer un groupe de travailleurs qui manifestaient contre le taux de chômage élevé, l’insécurité de revenu et les conditions de travail inéquitables. Quand la GRC est intervenue pour les disperser, cela a causé l’émeute la plus importante qui soit survenue au Canada (jusqu’à présent).

La « marche sur Ottawa » était une forme de protestation des travailleurs contre leur traitement inéquitable et l’austérité du gouvernement qui a rallié l’appui du public, contribué à la défaite du gouvernement fédéral conservateur de R.B. Bennett plus tard cette année-là et ouvert la voie à l’instauration d’un régime national d’assurance-chômage.

Pendant les années 1930, la Grande crise avait décimé l’économie canadienne et causé un chômage massif. Le gouvernement fédéral y a réagi en créant des « camps de secours » dans lesquels des milliers d’hommes vivaient et travaillaient contre un salaire de vingt cents par jour.

Work camp protest

En 1935, les gens en avaient assez. En avril de cette année-là, après deux mois de protestations à Vancouver au sujet des conditions lamentables et inéquitables qui régnaient dans les camps, plus de mille chômeurs sont montés non pas dedans mais plutôt dessus des wagons couverts dans le cadre de ce qu’on en est venu à appeler « la marche sur Ottawa ». Leur but : rencontrer ensemble le gouvernement conservateur de l’heure et exiger de meilleures conditions et un moyen plus équitable de répondre au chômage.

Le Premier ministre a fini par consentir à une rencontre, mais seulement avec une poignée de représentants et non avec tous ces travailleurs. Pendant que les représentants se rendaient à Ottawa, les centaines d’autres participants à la marche « attendaient » à Regina (en fait, la GRC les tenait en place).

La rencontre a mal tourné. Le Premier ministre a accusé les participants d’être des radicaux menant une insurrection. Quand les représentants sont rentrés à Regina et ont rendu compte de la réunion, près de 2 000 personnes se sont jointes à 300 participants à la marche pour protester et manifester leur solidarité à l’égard des travailleurs.

La police a chargé la foule, déclenchant des heures de combat corps à corps dans tout le centre de la ville. Les gens ripostaient à l’aide de bâtons et de pierres et la police a employé le gaz lacrymogène et tiré des coups de feu au‑dessus et sur des groupes de personnes.

Les dommages matériels ont été considérables et les blessures nombreuses. Un des participants à la marche et un policier en civil sont morts, et des centaines d’habitants de la ville et de participants à la marche ont été amenés à l’hôpital ou dans des foyers privés. La police a arrêté les personnes hospitalisées et plus de 100 autres.

La police a prétendu que 39 policiers, outre celui qui est mort, avaient été blessés, mais elle a nié que la mêlée avait causé un décès de manifestant. Les dossiers de l’hôpital ont été modifiés par la suite pour masquer la cause réelle du décès.

Plus tard la même année, en réaction à l’appui manifesté par le public en vue de l’amélioration des conditions des chômeurs, le gouvernement fédéral a adopté la Loi sur le placement et les assurances sociales et créé le premier régime national pour les chômeurs du Canada.

Le gouvernement a été défait par la suite, et sa loi hâtivement rédigée a été invalidée par les tribunaux. Cependant, l’audacieux effort de réforme a ouvert la voie à l’établissement d’un régime national d’assurance-chômage, en 1940, par le gouvernement dirigé par W.L.M King.

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