Le va-et-vient des travailleurs étrangers temporaires

23 mars 2015

Ils viennent au Canada pour occuper des emplois que les employeurs n’arrivent pas à combler avec la main-d’œuvre canadienne. Ils travaillent, paient de l’impôt, cotisent au RPC et contribuent à l’économie locale. Ce sont les travailleuses et travailleurs étrangers temporaires au Canada.

Le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) existe depuis des années. Mais le gouvernement du Canada a annoncé qu’il imposait dorénavant un maximum cumulatif de quatre ans à la période durant laquelle les travailleuses et travailleurs migrants peuvent travailler au Canada dans le cadre du PTET.

Cela signifie qu’ils vont devoir quitter le Canada après quatre ans de travail. Et ils ne pourront pas demander de travail au Canada avant une période supplémentaire de quatre ans.

Le 1er avril 2015, des milliers de travailleuses et travailleurs migrants au Canada atteindront la période limite de quatre ans. Toute demande de permis de travail sera refusée, à moins que la travailleuse ou le travailleur puisse démontrer que l’une des rares exceptions à la règle du maximum cumulatif s’applique à son cas.
Cette règle s’applique principalement aux travailleuses et travailleurs migrants les moins qualifiés et à ceux qui travaillent dans les métiers spécialisés et les emplois techniques. La plupart de ces personnes proviennent de groupes racialisés. Certains d’entre eux pourraient se retrouver à rester au Canada en situation d’immigration irrégulière, ce qui les rendrait vulnérables.

Le Congrès du travail du Canada (CTC) veut que le gouvernement du Canada offre à tous les travailleuses et travailleurs migrants actuellement employés au Canada la possibilité d’obtenir la résidence permanente. De plus, les travailleuses et travailleurs qui ont atteint la période maximale de quatre ans ne devraient pas être expulsés.

Tous les travailleurs et travailleuses au Canada ont le même droit à la dignité, à la sécurité et à l’équité. Les personnes qui viennent au Canada pour y travailler ont parfaitement le droit de se déplacer librement et de s’établir dans le pays, et le gouvernement doit cesser d’approvisionner les employeurs en main-d’œuvre jetable.

Le problème de va-et-vient touche autant les travailleuses et travailleurs migrants que les travailleuses et travailleurs canadiens :

  • Une main-d’œuvre jetable fait baisser les salaires.
  • Les employeurs choisissent d’embaucher de la main-d’œuvre bon marché au lieu de vraiment essayer d’attirer des travailleurs canadiens pour leurs emplois. 
  • Les employeurs n’ont aucun intérêt à appliquer des normes en matière de salaires, d’avantages sociaux et de conditions de travail. 
  • Cette pratique contribue à maintenir des normes peu élevées, des tactiques d’intimidation et de mauvaises conditions de travail pour les travailleuses et travailleurs migrants. 
  • Personne n’y gagne. Le moment est venu d’assurer le fonctionnement de ce programme pour les travailleuses et travailleurs migrants et pour la population canadienne.

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