Années 1870 : Le Québec est la première province qui extrait l’amiante du sol canadien.

Années 1920 : La Compagnie d’assurances-vie La Métropolitaine crée le Département de santé au travail de l’Université McGill. On soupçonne que l’amiante rend les travailleurs malades et cause une « maladie de la poussière » dans les poumons.

Le 14 février 1949 : Les mineurs d’amiante québécois d’Asbestos et de Thetford Mines déclenchent une grève pour améliorer leurs conditions de travail et leurs salaires. Cette grève historique, qui est illégale à l’époque, est appuyée par les syndicats et se poursuit pendant cinq mois avant qu’un règlement n’intervienne.

Années 1960 : Des chercheurs sud-africains trouvent un lien entre les mésothéliomes et l’exposition à l’amiante chrysotile.

1963 : L’exploitation à ciel ouvert commence à la mine d’amiante de Baie Verte, à Terre Neuve.

1966 : J. Corbett McDonald, professeur de l’Université McGill, étudie les effets de l’exploitation minière de l’amiante chrysotile au Canada. Les résultats de ses recherches semblent indiquer que l’amiante chrysotile n’est pas la cause des tumeurs pulmonaires des mineurs. À ce moment-là, le Canada produit 40 % de l’amiante chrysotile du monde. Des années plus tard, il est révélé que l’Association des mines d’amiante du Québec a versé, de 1966 à 1972, au professeur McDonald et à d’autres chercheurs de l’École de santé au travail de l’Université McGill des paiements qui comptent au total pour près d’un million de dollars.

1976 : En 1976, la section locale des Métallos à Baie verte, à Terre Neuve, demande au Dr Irving J. Selikoff, spécialiste de renommée mondiale, d’examiner 485 travailleurs de la mine et de l’atelier de criblage-défibrage (97 % des effectifs). Son rapport, publié en 1977, indique que 10 % des travailleurs examinés ont des maladies associées à l’amiante. Ce rapport donne lieu à la soumission à la négociation collective de revendications relatives à la santé et à la sécurité suivie d’une grève historique de 14 semaines pour de meilleures conditions de travail.      

1984 : La Commission royale de l’Ontario recommande l’interdiction de la crocidolite et de l’amosite, deux types de fibres d’amiante d’usage courant, mais elle signale que le chrysotile peut être utilisé pourvu que l’on contrôle la poussière.

1984 : Le Canada crée l’Institut de l’amiante, qui deviendra plus tard l’Institut du chrysotile.

1987 : Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) conclut que le chrysotile cause le cancer du poumon et des mésothéliomes.

1989 : J. Corbett McDonald publie une étude dans l’American Journal of Industrial Medicine qui indique que la trémolite que contient l’amiante chrysotile canadien cause des mésothéliomes.

1990 : Toute activité d’exploitation de l’amiante à Terre-Neuve-et-Labrador cesse parce que les marchés se rétrécissent, que l’accès est de plus en plus difficile et que l’exploitation pose un vaste éventail de problèmes sanitaires et juridiques. 

1997 : La France interdit l’importation et l’utilisation du chrysotile et de tout produit contenant du chrysotile le 1er janvier 1997.

1999 : La décision de la France incite le Canada, important exportateur d’amiante, à demander réparation à l’OMC. L’OMC confirme qu’elle appuie l’interdiction française dans une décision de 2000 et la confirme de nouveau à l’issue d’un appel en 2001.

2003 : Presque tous les principaux syndicats affiliés au Congrès du travail du Canada (CTC) ont lancé haut et fort des appels à l’interdiction de l’exportation, de l’importation et de l’utilisation de l’amiante.

Décembre 2003 : Ressources naturelles Canada (RNCan) accorde une subvention de 775 000 en trois ans à l’Institut de l’amiante qui fait du lobbying pour « l’utilisation sécuritaire » de l’amiante dans des pays tels que l’Inde, le Japon et le Brésil.

2004 : Le Canada fait obstacle à l’addition du chrysotile à la liste de produits dont le commerce nécessite un consentement préalable en connaissance de cause selon la Convention de Rotterdam.

Le 1er janvier 2005 : L’interdiction de l’amiante chrysotile à l’échelle de l’Union européenne entre en vigueur.

Mars 2005 : Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) institue une interdiction de l’utilisation de l’amiante dans le cadre des projets qu’il réalise dans le monde entier.   

2006 : L’organisation internationale du Travail (OIT) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appellent à une interdiction mondiale de l’amiante. Le Canada oppose son veto à l’addition de l’amiante chrysotile à la liste des substances dangereuses de la Convention de Rotterdam, ce que lui reproche le CTC. 

2006 : Le CTC commence officiellement à collaborer avec Ban Asbestos Canada (interdisons l’amiante Canada).

2007 : Santé Canada fait produire un rapport sur l’amiante et la santé au travail. Le CTC retarde l’adoption d’une position publique officielle appuyant l’interdiction de l’amiante jusqu’à ce que le rapport scientifique de Santé Canada soit publié.

2008 : Le rapport de Santé Canada est jugé par les pairs mais n’est publié qu’en 2009 et n’est pas accessible au public. Il conclut qu’il existe un « lien important » entre le cancer du poumon et l’amiante chrysotile au Canada et une relation de cause à effet avec les mésothéliomes et l’amiantose. 

Le 15 février 2011 : Comme le CTC, la Société canadienne du cancer et 25 autres organismes de santé adressent des lettres au ministre des Finances Jim Flaherty pour implorer le gouvernement de cesser de financer l’Institut du chrysotile et de mettre fin à l’exportation d’amiante à des pays en développement.

Juin 2011 : Au cours de la réunion de 2011 des parties à la Convention de Rotterdam qui a lieu à Genève, la délégation canadienne refuse de nouveau d’ajouter les fibres de chrysotile à la Convention de Rotterdam. Le Canada est le seul pays membre du G7 qui s’oppose à ce qu’elles y soient assujetties, et le CTC le reproche publiquement au Canada.

Février 2012 : Les recherches sur l’amiante effectuées de 1971 à 1988 par l’Université McGill sont soumises à l’examen de 30 médecins et universitaires, qui demandent un examen indépendant des résultats. L’équipe de recherche est accusée d’avoir été influencée par les intérêts de l’industrie de l’amiante.

Le 29 juin 2012 : Le gouvernement du Québec promet d’affecter 58 millions de dollars à la mine Jeffrey, une des dernières mines d’amiante, afin de la maintenir en activité pour 20 autres années. La décision est annulée en octobre 2012 par le gouvernement nouvellement élu du Parti québécois.

Septembre 2012 : Cédant aux pressions du CTC, Christian Paradis, ministre de l’Industrie du Canada, annonce que le gouvernement du Canada ne s’opposera plus à l’addition du chrysotile à la liste de la Convention de Rotterdam.

Mars 2016 : Le Congrès du travail du Canada écrit au Premier ministre Justin Trudeau pour appeler à une interdiction complète de l’amiante.

Le 1er avril 2016 : Services publics et Approvisionnement Canada a officiellement interdit l’utilisation de matériaux contenant de l’amiante dans toutes les constructions et les rénovations importantes. Le ministère supervise 30 % de la superficie totale des bâtiments fédéraux, ainsi qu’une partie des dépenses pour les nouvelles constructions.

Le 19 avril 2016 : Le CTC mobilise des centaines de travailleurs et travailleuses et organise un effort de lobbying sur la colline parlementaire pour inciter le Canada à interdire l’amiante.

Le 28 avril 2016 : Le CTC tient des journées nationales de commémoration et d’action le 28 avril – Jour de deuil national à la mémoire des travailleurs et travailleuses morts ou blessés au travail – pour inciter le Canada à interdire complètement l’amiante.

Le 10 mai 2016 : Le Premier ministre Trudeau, dans un discours présenté à des travailleuses et travailleurs des métiers de la construction, engage son gouvernement à aller de l’avant avec l’interdiction de l’amiante mais aucun détail ni échéancier n’a été fourni.

Le 3 octobre 2016 : Le gouvernement fédéral publie un inventaire en ligne des immeubles du gouvernement canadien contenant de l’amiante.